23 février, 2008

Denise Félix. Le livre familial pour mes 75 ans


Denise Félix. Le livre familial pour mes
75 ans.

Les premières années.

Je suis née le 12 août 1930.dans une maison de Rivière des Anguilles, non loin de la gare de chemin de fer, appartenant à Edouard Crouche.. Les voisins étaient les familles Mauguret et Victoire..
Mes parents habitaient St Félix, ou mon père travaillait comme comptable sur la propriété. Mon parrain était Roger Crouche, fonctionnaire qui habitait à Beau Bassin chez ma tante Andrina.


Ma marraine était Alix Ducasse qui habitait à
Port Louis.
Mes parents étaient venus habiter à Rivière des Anguilles pour ma naissance. Ils sont repartis pour St Félix quelques semaines après ma naissance. St Félix était un petit hameau ou il y avait peu de facilités médicales. L’endroit ne convenait pas pour des interventions médicales. Ce qui explique le déplacement de mes parents. à Rivière des Anguilles, pour ma naissance.
C’était habituel alors de ne pas déclarer un enfant nouveau né le jour de sa naissance comme exigé par la loi. Les parents travaillaient loin des villes et n’avaient pas de congés ou des facilités de transport pour aller en ville. Dans le cas de mon père qui pouvait avoir un des deux taxis de l’oncle Edouard, c’était par négligence. C’est ainsi que ma sœur Iryse a été déclarée plusieurs mois après sa naissance. Dans mon cas, la déclaration officielle eut lieu le 17Août Mon acte de naissance y fait foi. On a cependant toujours fête mon anniversaire en famille le 12 août.

L’école maternelle était à St Félix. Les professeurs étaient les sœurs Adèle et Lisette de Gaye. Adèle s’occupait particulièrement de nous.
A l’âge de 5 ans, j’ai été admis à l’école de Rivière des Anguilles. Mes sœurs Myrielle et Ghislaine ainsi que mon frère aîné Roland y étaient déjà.
Je mes souviens d’un jour de drame quand Myrielle a tiré sur la boucle d’oreille d’un enfant et a décollé son oreille.
Anne Geffroy qui habitait Baie du Cap était la servante de ma mère à St Félix.
Les parents avaient alors un maigre salaire mais on pouvait quand même s’offrir un ou plusieurs serviteurs qu’on rétribuait parcimonieusement parfois pour 10 roupies par mois avec la nourriture.
Mon père travaillait parfois fort tard et quand il rentrait, c’était la fête. Il invitait des copains et se mettait à boire avec Maurice Comty et les Mestry. Les fins de mois, il revenait de Port louis avec des sous, faisait sa paye et rentré chez lui, c’était bombance pour parler comme ma Mère. Il consommait le rhum blanc parfois immodérément. C’est ce que disait ma mère. . Il pouvait même être ivre.
Il nous donnait des sobriquets personnels.
Iryse était Doux
Roland : Michelin

Laine : Prud’homme.
Myrielle …
Denise : Bique de Mozambique
car j’avais alors des cheveux bouclés.
Cyril…
Maud : Moutouc.

Mon père est mort quand j ‘avais 8 ans. Il est tombé malade dans son travail, un lundi, et le voyant sans connaissance, ses collègues lui ont aspergé copieusement de l’eau sur sa tête. Revenu à la maison il a pris le lit, a contravté une pneumonie et en est mort le jeudi suivant. Je me souviens de cet événement car je n’avais pas été à l’école ce jour là. Pour les funérailles il y avait les Dada, Comty, Terrière, Wilden et autres parents et amis. Sténio m’a dit que son frère Max était venu à l’enterrement.
Philippe Dada est venu passer deux semaines à St Félix après la mort de mon père.
Nous sommes retournés à Rivière des Anguilles dans la maison ou je suis née après la mort de mon père. La même année nous sommes partis pour nous installer à Port Louis.
J’avais 10 ans quand j’ai quitté l’école de R des Anguilles,et quand nous avons déménagé pour habiter Port Louis, Rue d’Orléans, chez tante Sylvaine,la sœur de ma maman. Edma Chavry habitait la rue St Georges.
A Port Louis nous avions comme voisins la famille Betsy ; Lydie Gaby Cyril Rita
Ma marraine Alix, une boute en train habitait dans la m^me maison que nous. Alix travaillait d’abord comme caissière dans une pharmacie puis Goodwill elle emmenait des bouteilles de vin frelaté fabriqué par des chinois avec du raisin sec d’Afrique du Sud et aussi du rhum.

Sylvaine Comty, épouse de Henry Casse était une jolie femme très grande , la plus jeune de cette famille. . Elle a eu je crois un cancer et elle est morte jeune.
Nous étions très nombreux à habiter cette maison de la rue d’Orléans.
Dartagnan venait de temps en temps. Vius était toujours là.
Dartagnan avec sa moustache de l’époque avait le type Ithier.
Vius, nous regardait avec des yeux presque mi clos et calculateurs. Il adressait la parole qu’aux grands.
Alix et Viviane Ducasse deux sœurs, s’occupaient des Casse. Leur frère marié, habitait ailleurs.
La mère d’Alix était la sœur de Sylvaine.
Rita Chavry, silencieuse et mélancolique nous examinait avec compassion.
Eugene Chavry frère de Rita qui venait souvent rendre visite. Il semblait s’amuser de ce groupe de ribambelles.
Les Casse.
C’était le groupe le plus turbulent.
Maryse.
Babert, dont le nom était Henry
comme son père.
Francis
Josie
Suzelle
Elia et Eliette deux jumelles.
Une autre, Jacqueline. habitait à R des Anguilles chez les Comty.
Le couple Comty. Maurice, le frère de maman et Cécile, sa femme.
Beaucoup de familles créoles habitaient P Louis en ces temps. En sus des proches voisins Betsy il y avit les familles Georges, Noé,.
Janine Félix, la tante de Sténio habitait à la rue Madame.
Ma sœur Myrielle restait à la maison et s’occupait d’avoir des pseudo amoureux.
Laine et Roland ont trouvé du travail à la pharmacie Adrien. Plus tard Roland sera à la pharmacie Baillache.
Dans cette maison ou des personnes de tous âges s’entrechoquaient. On entendait toutes sortes de nouvelles. On en fabriquait même à l’occasion. Ce n’était pas la promiscuité, mais on avait l’impression d’être entassés. On se chuchotait Roland faisait des yeux doux à Rita. Puis des filles ouis les filles Nayna. Une Nayna qui appartenait à un groupe militaire nommé Sapsi wai. Rita de son côté avait eu trois amoureux successifs nommés Roland. Roland mon frèrs, Roland Armand et Roland Assarapin avec qui elle devait se marier.
Octave Talary. venait comme fiancé de Maryse Casse.
Il devait être le compagnon journalier d’Alix pour les fêtes corsées. Alix offrait aussi des drinks aux autres : Irénée etc
Dans la cour il y avait un bassin en ciment ou a longtemps vécu un gros Gouramier. La cour, pavée comme beaucoup d’autres à Port Louis, avait une grille et des arbres fruitiers, manguiers et Fruit Cythére.
Je mes souviens encore, en dehors des fêtes d’Alix, de nos promenades dans la ville, particulièrement au Champ de Mars.

Pendant le grand cyclone de 1945. la famille a du se réfugier dans une seule chambre ce qui semblait plus propice.
J’ai fêté mes 15 ans à Port Louis. Ma marraine m’a donné un bracelet en cadeau.
J’ai quitté l’école de P Louis avant d’aller à B Bassin. Je voulais aller m’entraîner au Training College comme institutrice. Cyril et Lizzie devait plus tard y faire des études.

Après deux années passées dans cette maison de Port Louis, entassés avec les parents, noua avons été contents d’aller habiter à Bassin dans une maison que mon père avait acheté à la Rue Pope Hennessy à côté de la maison de Roger Crouche qui faisait l’angle Pope Hennssy et Rue Napier Broome aussi appelée Rue Téléphone.

La maison avait été louée à la Goder pendant plusieurs années.
Il a fallu entreprendre des réparations et des changements mineurs. Cyril a installé les latrines dans la cour. Le drainage n’existait pas.
Il y avait l’électricité dans la plupart des maisons sauf chez la voisine, tante Andrina, sœur ainée de mon père. qui s’éclairait à la lampe de pétrole..
Roger Crouche le voisin habitait tout à côté. Il était marié à Suzanne Melotte.
C’est dans cette maisons sue nous avons organisé les fiançailles de Myrielle et de Gaby Edouard Betsy. Ils se sont mariés plus tart à P Louis a l’étage d’un bâtiment.
Iryse et Luc Ravat ont aussi fêté leurs fiançailles dans cette maison. Mais mon jeune frère Cyril s’était marié avant Iryse. Il avait épousé Lizzie Verrier qui habitait aussi à Beau Bassin, Rue Abbé Mazuy.
Edley Maquet qui habitait près de Cyril était un habitué de notre maison. Il voulait épouser Jacqueline Casse qui vivait toujours avec a famille Comty à Rivière des Anguilles. Ils recevaient souvent Harold Walter le ministre travailliste. Edley travaillait avec Gaby chez Mamet et je crois q’ils s’occupaient de la cave et des ventes de vins et liqueurs.

C’est dans cette maison que mon adolescence a puis une tournure qui allait me pousser rapidement vers le mariage. J’avais déjà eu un amoureux dans la personne d’un cousin Betsy de Gaby, nommé Luc. Ma mère avait, je pense de grands espoirs pour me caser confortablement dans une bonne famille, car j’étais reconnue comme étant la plus jolie des filles.
Ma sœur Laine fréquentait beaucoup de garçons et avait même plusieurs amoureux. Marcel Audibert qui était un grand ami de Roland en était le principal. Lui et Roland s’amusaient follement ensemble à Port Louis. Parfois accompagnés de Philippe Dada ou Norma Adolphe, ils fréquentaient les maisons closes/ Roland passait souvent des nuits blanches à jouer au ‘Quatre Quatre’ chez les chinois et revenait le plus souvent à quatre heures du matin Gagnant ou perdant il avait beaucoup de petites pièces de monnaie dans ces poches que l’o vidait à son insu, tellement il rentait bourré.

Mon grand frère Roland est venu un jour à la maison accompagné de son ami d’enfance et d’école, Sténio Félix. Il habitait 30 Rue Napier Broome et sa mère Fleurange, veuve, était une amie de ma tante Andrina. Elle avait la réputation d’être stricte fière et autoritaire et bourrée de préjugés. Elle était née Ithier, et comme ma maman était de souche Ythier, écit avec un Y, ils étaient des petits cousins. Elle faisait toutefois semblant de ne pas le reconnaître. Je crois que mes quatre enfants issus d’un mariage de petits cousins lointains ont eu une prédominance de Ithier ou Ithier dans le caractère.
Elle avait sept enfants et Sténio comme moi était le cinquième. J’avais entendu dire que les sœurs et le frère de Sténio avaient l’habitude d’aller dormir chez Andrina quand elle était seule les samedis.

Je n’ai pas pensé grand-chose du copain de Roland. Très brun, il paraissait grillé par le soleil, car se faisant passer pour un sportif, il faisait beaucoup de bicyclette et avait l’habitude de faire des ascensions de montagnes. Il marchait vers le Corps de Garde qu’il grimpait en solitaire, le plus souvent.
Je le voyais plutôt bizarre. Un maigrelet n’ayant rien de sensationnel. On ne pouvait certes pas le prendre pour un épouseur éventuel.
Il était encore en troisième année du Collège d’Agriculture et faisait un stage à la propriété de Mon Désert Mon trésor comme Assistant Chimiste. Elevé dans le strict, comme on dit, par sa mère Fleurange, le fait allait habiter seul dans une maison de Mon Désert avec l’assistant comptable plus âgé que lui semblait l’avoir émancipé. Nous avons su plus tard que c’est lç qu’il avait commencé une carrière de bon buveur. Comme dans notre famille c’était de l’atavisme, car tous les ancêtres avaient la réputation de consommer beaucoup d’alcool. Le malheureux devait avoir l’occasion de boire avec deux grands spécialistes en la matière, mon frère Roland et son beau frère Max Melotte.
Iryse et Myrielle et dans une moindre mesure Laine, me donnaient l’impression de le traiter avec considération, car il av ait eu des diplômes assez rares en ces temps.
Pour ma part je ne pensais certes pas qu’il ferait mon affaire. Il avait des yeux perçants et semblait toujours vouloir fouiner dans l’esprit des autres. Il prenait un air supérieur qui ne l’aillait pas, car il n’était pas beau, mais assez bien bâti, malgré sa maigreur. Comme nous, il avait été privé de bonne nourriture pendant la guerre. On voyait bien qu’il avait été sous alimenté. J’avais entendu dire que sa mère qui organisait la cuisine, comme toutes choses d’ailleurs, n’était pas très portée pour les grands plats et nourrissait sa famille de soupes, de pâtes et de plats de légumes en sauce blanche. C’était le genre conne tout, ce qui explique que son fils en est devenu un autre exemple.
Il savait toutefois danser, modérément bien et aimait la musique et pouvait être un compagnon pour les parties de danses qui étaient alors fréquemment organisées. Ouf, un bon point.
C’étaient des surprises parties. Chaque groupe apportait son alcool et les victuailles et on s’amusait follement.
Je ne savais pas encore que le fameux Sténio était un fada de la musique classique et collectionnait des disques de 78 tours de Beethoven qu’il jouait avec grand fracas muni de gigantesques hauts parleurs. Il nous a prêté ces hauts parleurs pour certaines fêtes.

J’ai été étonne de le voir venir rendre visite même sans Roland. La première fois apparemment timide, mais bien vite dans son assiette et avec son air possessif qui ne l’a jamais quitté. Visiblement il voulait m’inclure dans son orbite.
Bientôt il réapparaissait deux fois par semaine et procéda scientifiquement pour atteindre 4 puis 5 et 6 visites par semaine. Comme le Seigneur il lui fallait un jour pour se reposer.
J’ai su plus tard qu’il allait ce jour là voir son copain Roland Véron, tuberculeux et cardiaque qui collé au lit attendait la fin. Il n’avait visiblement aucune crainte de contamination. Il m’a dit depuis q’il parlaient musique et littérature. Pensait-il seulement à jeter son dévopu sur las sœur de Roland Véron, Lorraine qui paraissait aussi jolie que moi, sans toutefois être classée fille sage.

Le jour de mes dix huit ans il m’invita à faire un tour avec lui le long de la voie ferré vers Petite Rivière. Ma mère s’était habituée à lui, l’avait catalogué comme un original inoffensif, et le faisait confiance selon ses normes. Elle nous regardait partir avec un soupir. Sténio avait apporté un genre de panier contenant ses accessoires habituels. Filet de papillon, presse pour herbier et le bocal rond de poison. Je n’ai jamais pensé qu’il avait inclut également des biscuits ou du chocolat.

On eut vite fait de prendre le sillage de la voie ferrée. Il fallait sautiller de traverse en traverse de bois assez espacés selon moi.
Il y avait alors beaucoup plus de papillon s qui virevoltaient que de nos jours. Sténio s’empara de son filet et d’un tour de main habile il prit un spécimen d’un beau papillon que j’avais vu se poser sur un arbuste. Il transféra sa prise dans le bocal de poison entomologique, et pendant que le pauvre insecte se débattait dans les affres de la mort, il prononça sentencieusement que c’était un ; Hyppolymnas Mississippis.Je lui ai dit que ce nom était laid pour un si beau papillon mais que de toute façon je ne pouvais mémoriser un nom pareil. Sans sourciller, il me dit « Tu n’as qu’a penser à Hyppolite, c’est ce que l’on appelle la mnémotechnique. »
Silence de ma part. Je pensais alors tout bas, que je n’arriverai jamais a avoir le gouffre qu’il avait dans sa tête pour emmagasiner ses étranges connaissances. et ces noms absurdes.
Quand un train s’est mis à siffler, nous nous sommes rangés sans hâte au bord de la voie ferré ou il se trouvait un fouillis d’herbes. Il prit son vieux canif et s’empara de quelques branches d’une plante qu’il étala dans son presse herbier entre des journaux. Il marmotta que c’était l’herbe Chatte. « Un Acalyphe, tu sais, comme la feuille rouge que l’on donne à manger aux lapins. Je ne le savais pas !
De temps en temps je voulais revenir en arrière, mais il changeait de conversation en accélérant son allure. Il avait son plan.
Il s’arrêta fort heureusement pour me montrer les grands arbres fruitiers de jamblons. Il grimpa prestement sur un arbre et ramena une branche. Je ne sais si vous connaissez ce fruit. Modérément bon, il possède une teinture qui vous teint les lèvres en bleue. C’est donc avec les lèvres bleues que nous avons continué le périple. On arriva à la gare de Petite Rivière ou quelques fonctionnaires oisifs nous regardaient avec étonnement et spéculation. Sténio s’emblait bien connaître les site. Il prit un sentier dissimulé derrière la gare et me dirigea vers la caverne de Petite Rivière. J’étais bientôt occupée à
descendre des marches glissantes,sans me casser le cou, pour pénétrer à l’intérieur de la caverne. Inutile de raconter ce que j’ai entendu sur les chauves souris et autres bêtes des profondeurs. Il a bien fallu revenir sur nos pas et on reprit par le même chemin le long de la voie ferrée à revenir vers Beau Bassin. Après une longue marche, épuisés mais toujours en forme nous avons vu le chemin de Pope Hennessy et de la maison.
Myrielle et Laine ayant un air réjoui me demandaient : « Alors ça c’est bien passé » Elles savaient bien que dans cette belle sortie il y aurait beaucoup de botanique, beaucoup d’entomologie, et peu de câlins.
Je pensais alors avec un certain détachement que mon sort était scellé.

J’allais bientôt subir ses assiduités et je pensais tout bas qu’il avait beaucoup d’aplomb et avait l’outrecuidance d’essayer de m’influencer vers ses opinions incroyablement désuètes. Il se disait porté pour la littérature, les arts et la science. Un encyclopédiste enfin. Conne tout ! Il n’a guère changé. Un jour qu’il était grippé, et avait pris le lit. comme il l’était continuellement, il m’envoya une lettre par tante Andrina. Laine et Myrielle étaient excités par le contenu de cette missive et pensaient à une lettre d’amour. Il s’agissait seulement d’un genre d’homélie sur le bon docteur de Balzac. «Aux cœurs brisés, l’ombre et le silence. » Il y avait des notes sur le Père Goriot et d’autres bouquins de sa fameuse collection de la Comédie humaine. IL y avait beaucoup de citations, et finalement un : Je pense bien à toi, en guise de réconfort suprême.
Mon amoureux faisait semble-il dans la mélancolie quand il tombait malade. J’ai longtemps gardé cette lettre comme un exemple inouï de l’étonnante manière que Sténio faisait sa cour.
Invité, semble-t-il obligatoire de la famille, il était insidieusement mêlé à notre vie..
Ma soeur Laine se servait de lui pour étaler ses robes et son charme piquant, selon certains amateurs. Il était là pour les fêtes les fiançailles, et nous accompagnait pour les danses et les pics niques. C’est lors d’un de ces pics nique dans un camion conduit par notre ami Clément Manuel, à St Félix dans le sud, près de l’endroit ou nous avons vécu, que j’ai eu le choc de l’entendre enfin dire qu’il voulait m’épouser. Plutôt une admission qu’une déclaration. Il voulait faire « mon bonheur’ disait-il dans son langage désuet.
Je crois qu’il avait bu pas mal de rhum avec Roland Marcel Audibert et Clémént Manuel.
Pour une déclaration de mariage c’était du jamais vu. «’Cuit vidé’ comme dirait Jacqueline aujourd’hui. Il paraissait sensible mais avait son air détestable de contrôler la situation. Clément nous regardait de loin, avec un ait chagrin. Je crois qu’il avait lui même projeté de flirter avec moi. Il était certes plus amusant que Sténio. Il est mort très jeune après avoir épousé Arlette Manuel. J’aurais pu avoir été veuve.
Avec Sténio c’est du costaud. Il a survécu à toutes sortes de maladies graves ou non et pendant que j’écris mon autobiographie pour mes 75 ans, il prépare gaillardement la célébration de ses 80 ans, d’une manière si unique et complexe qu’il m’aurait été impossible de vous l’expliquer. D’ailleurs, Vous ne le croiriez jamais.
Le soir de ce jour mémorable, qui allait bouleverser ma vie, avant de rentrer chez lui il m’a embrassé pour la première fois. Je voyais bien qu’il en avait guère l’habitude, malgré sa prétention d’avoir eu plusieurs amies sérieuses. Un baiser un peu paternel, un peu fraternel, un brin amant. Un cocktail unique, dont il a le secret.

Ma mère regardait de loin sans sourciller. Ni contente, ni mécontente. Elle avait apparemment pris son parti pour avoir Sténio comme gendre. Les parents voisins Roger et Pierre Crouche l’avaient encouragé à me caser rapidement avec le Sténio,, avant qu’il ne change d’avis, Il avait terminé ses études et était en chômage avant de s’installer dans un poste bien payé au département d’Agriculture. En sus de son diplôme, il avait la protection de son parrain qui était entomologiste. On pensait généralement qu’il allait faire fortune.
Erreur ! Lisez la suite de mon autobiographie et vous constaterez que de promotions en promotion il est resté toujours sans le sou et n’a incroyablement pas de biens, de maisons comme tout le monde. Le plus sensationnel, c’est qu’il en est content.
A partir de ce pique nique, il me sembla que les choses évoluent sans mon consentement. On avait certes des danses avec de vieux amis.
Un après midi en revenant du centre de Beau Bassin, on le vit en train de piocher dans son jardin pour placer des rosiers entre les hortensias de sa mère. Il nous invita à entrer et c’est ainsi que la mère Fleurange a eu l’occasion de m’examiner.
Examen négatif. Elle avait entendu des murmures et savait que le fils était croché. Résignée que le choix n’était pas le meilleur l’autre sœur Laine était plus blanche de couleur.
Sténio m’accapara et je fut vite propulsé dans sa chambre ou se trouvait le fameux tourne disque et les gros tas d’albums de 78 tours. Beethoven retentit avec force tandis que Laine s’occupait à faire des politesses à la mère Fleurange. J’étais contente de battre en retraite et de tirer enfin ma révérence
Le choses allaient s’améliorer quand Maud, la sœur de Sténio qui me trouvait tout à fait bien pour ce Sténio et même trop bien, laissait elle voir, me prit d’amitié et je devais les revoir souvent quand ils se rendaient au bord de mer et chez des amis communs.
Sténio daigna alors me révéler ses plans et objectifs nous concernant. Il avait pris l’habitude de parler beaucoup plus qu’habituellement. Il me dressa un tableau ahurissant se ce que j’allais devenir. Il pensait avoir une vie mondaine, Du cinéma toutes les semaines, le samedi.. Recevoir des amis ; voyager un jour en Angleterre et en France, Ik fallait aussi de la bonne cuisine, aider dans le jardinage, l’élevage, s’occuper des enfants tous intelligents comme leur père et destinés a devenir médecins.
Je me sentais comblé et écrasé.
Pour faire la cour à une fille en ces temps là, il fallait que ce soit une opération délicate, réglée avec minutie par les parents. On était tout bonnement sous surveillance, et la mère de la fille n’était jamais trop loin.
Pris de hardiesse il exigea un jour de ma mère que dorénavant il nous fallait aller au cinéma sans être chaperonné.. La Mère Irénée ne protesta pas, mais fit Roland nous surveiller de loin. Situation irréparable entre Roland et Sténio. On devait en raison de cette affaire de cinéma voir un débit de conflit entre les deux anciens amis.
Les parties avec les Melotte étaient bien arrosées et Sténio avait pris l’habitude de boire plus qu’il ne le pouvait. Il n’aurait jamais pu boire autant que Max et Roland. L’alcool le faisait visiblement mal.
Son caractère s’était aguerri et il ne tolérait pas les imbéciles disait-t-il. On l’entendait souvent ‘engueller’ des gens de la rue, des marchants, Il me semblait alors avoir un dictateur en herbe à mes trousses. Il acceptait que sa mère avait des préjugés mais ne voulaient pas me voir devenir intime avec la famille Adolphe qui habitaient près de la voie ferrée. Il disait que le père avait fourni du pain à sa famille !.

Il objecta à ce que ma demande d’admission au Training College soit annulée. Lizzy et Cyril devaient y être admis avant d’avoir la carrière d’instituteurs.
Il pensait avoir une assez bonne situation pour que je n’ai nullement besoin de travailler. .
Le jour heureux arriva ou il fut enfin titularisé comme assistant scientifique au service d’entomologie du département d’Agriculture.
Il allait recevoir des salaires de Rs 150 par mois. Un pactole en ces temps, car le fonctionnaire clérical ne touchait que Rs 60.
Il était assez ivre de rhum lors d’une fête à cette occasion et fit de projets pour avoir les symphonies 2 3 4 et 7 de Beethoven. Il se penchera aussi sur Chopin. Il allait commencer une collection de livres.
Je ne pense pas qu’il a beaucoup évolué de cette attitude car de nos jours la maison, c’est toujours prédominance de livres et de hauts parleurs.
C’est à cette période qu’il se mit à faire de la photographie. Il avait un bon appareil de phot0graphie, mais ne s’en contentait pas comme tout le monde. Il lui fallait une imprimante, une chambre noire et autres accessoires. Bientôt il se forgea un budget pour films et papier photo.
Pour nous c’était un bon point car tous voulaient profiter de l’aubaine et se faire photographier.
Les parents avaient souvent l’habitude de dire que je ressemblais à la princesse Elizabeth et que mon parrain Roger avait la physionomie du roi Greoge VI.
Ressemblance ou pas, j’étais opté comme modèle préféré de Sténio. Heureusement qu’avec le temps on a perdu la plupart de ces clichés. Il s’y trouve que je peux toutefois présenter une photo qu’il affectionnait particulièrement et qui a défié le temps. . On me voit avec mon chapeau avec un air d’innocente qui me convenait tout à fait.
Cette photographie a été imprimée grandeur démesurée et placé chez les Felix, puis dans nos maison respectifs pendant des décénies.


Il en existe d’autre qui datent de 1950.

Mon mariage a été décidé en flèche. A la suite d’une bagarre avec Roland, dont j’ai oublié les vraies causes. il déclara « On se marie la semaine prochaine. »
Irénée était tout à fait d’accord que c’était la solution. Je crois q’elle trouvait son futur gendre passablement dérangeant dans la famille, d’autant plus qu’il s’occupait démesurément de sa belle sœur Laine. Un jour il s’était faufilé sous la cave ou Laine en colère s’était réfugiée. Il disait que c’était pour la consoler. Les autres soeurs ne emblaient pas compter pour lui. Je n’ai jamais aimé ce genre de comportement. On a jamais su ce qu’il avait dans sa tête. Un véritable original, il avait des réactions un peu spéciales.
Mais une fois l’idée de mariage prononcé il fonça comme un rhinocéros.
Il fallut une bague. Une seule, car il n’avait pas l’intentions d’en porter. Je crois que c’est le seul ou un des rares individus à ne jamais porter de bagues dans leur vie. On acheta une toute petite bague en or pour aller vite. Un vieil ami et parent de la famille Paul Dantier appelé Pok, pour une raison que j’ignore, proposa d louer sa maison de Q Bornes pour Rs 40.par mois comme location. Vaste maison et grande cour. Sténio l’avait promis de refaire sin jardin. La Mère Félix avait bien essayé de dissuader son fils, mais elle semblait s’être résignée et lui laissa même abattre un vieil arbre de Lilas qui s’étalait dans l’arrière de leur cour pour faire du bois et se faire faire des meubles par Jimmy le fils de la servante Germaine/ Jimmy lui proposa d’acheter une armoire en bois noir qui existe toujours et fabriqua des meubles hideux en bois de Lilas, matériel tout à fait de pauvre qualité pour les meubles. Un lit rustique, une table rustique, une grosse caisse de résonance pour haut parleur, une table très rustique de ping pong,
Cela suffisait à Sténio pour débuter dans la vie.
Mes parents m’encourageaient en disant que nous avions de l’avenir.
On allait se marier réellement le quatorze juillet 1951.J’allais avoir vingt ans et Stenio vingt cinq. On se mariait alors relativement jeunes dans les années cinquante. Des gosses en ménage.

Sténio avait alors des salaires de Rs. 385 par mois.
Je me vis ce 14 juillet 1951, grimpant les marches de l’église du Sacré Cœur de Beau-Bassin pour me marier.. La cérémonie a été suivie par une simple réunion familiale ‘ en petit comité ’
Le père Rivalland, qui officiait s’était étonné que nous n’ayons qu’une seule alliance, et avait prononcé son homélie qu’il a éclairée particulièrement en direction de la patience que doit avoir la femme dans son ménage. Elle devait accepter l’humeur souvent changeante du mari et pouvait tomber sur un caractère difficile. Les invités présents à l’église, avaient l’air de comprendre et d’approuver en hochant la tête. Je pensais tout bas qu’ils avaient tort, car mon futur mari quoique très original, était selon moi d’un caractère plutôt agréable et doux.
Une petite fête a été organisée chez nous. Ma belle mère et mon frère Roland, ne sont pas venus au mariage

On peut dire sans se tromper que nos noces pouvaient se classer dans la catégorie des mariages ‘ Ti dimoun ’. Nous sommes partis vers minuit accompagné de presque tous les convives qui étaient peut-être curieux de voir comment on s’était débrouillé pour l’installation..
Le lendemain de notre mariage.


Nous avons habité la grande mais vieille maison de Quatre Bornes pendant environ deux ans. Il y avait aussi une très grande cour, et Sténio profité pour planter des fleurs annuelles, en particulier des oeillets. L’œillet Chabaud était alors assez méconnu des mauriciens, et Sténio travaillait dur pour orner ses plates bandes d’œillets jaunes qui faisaient l’admiration de tous. Je me souviens que l’on avait offert un bouquet pour un mariage à Tecko de Chalain, l’inséparable ami de Max Melotte.
Nous avions une longue cave située d’un côté de la maison et on y élevait une souche de canards de Barbarie, dite canard ‘ Manille ’ à Maurice. Bon an mal an, il m’a fallu collaborer pour cet élevage, et aussi pour tuer et préparer ces volatils pour les multiles festins. La première femelle a produit pas moins de 18 canetons et la seconde 15 canetons.
On avait donc 36 canards dans la cour. Pour bien nourrir cette population vraiment spontanée, on faisait usage d’escargots qu’il m’a fallu écrasait avec une pierre. Le gros mâle se précipitait avant les autres pour happer une poignée de ces mollusques gluants, suivi par les deux femelles et la nichée de petits canetons. On a obtenu bien vite des gars bien ventrus, prêts pour la casserole. Je ne pense pas avoir mangé autant de canards dans ma vie que pendant cette période. Quand on recevait des parents ou des amis, Sténio me faisait un signe que je reconnaissais bien. Docile, je me mettais mettait à la besogne, sans protester. Nous n’avons pas vendu un seul volatile ce qui suggère véritablement q’entre nous deux, nous avons décapité pas moins de 36 canards. Mon frère Cyril, a eu la délicate besogne de tuer et de plumer le gros mâle quand nous avons abandonné l’élevage en raison des attaques répétées de rats.
Cette même année, j’ai accompagné Sténio à l’île Plate. On l’avait donné comme mission d’introduire les oeufs d’un papillon pour la destruction des cactus qui envahissaient l’île. Pour prolonger la lune de miel, nous avions été autorisés de passer une semaine dans cette île idyllique. On avait eu accès à un grand campement, et on était choyé par le seul habitant, un Brebner, qui était responsable de cette partie de l’île Plate.
Tout en haut, sur la colline, habitait trois autres personnes, le couple Dick, gardiens du phare, et un employé. Je n’ai jamais été aussi comblé en approvisionnement de poissons et de fruits de mer. Brebner et Dick, se reléguaient pour nous présenter de beaux spécimens de Cateaux, de Licornes, de Gueules pavées, et de Dames Berry, sans mentionner les crabes et les bigorneaux. Nous avons été un matin visiter l’îlot Gabriel, en compagnie de Brebner. Ayant surveillé le retour au nid d’un oiseau, Paille en queue, j’ai capturé l’oisillon qui venait de recevoir de sa mère un poisson entier. Nous avons ramené oiseau vivant à Maurice. Ne un taxidermiste amateur pour être empaillé.
Vous pouvez voir cet oiseau sur le fameux caisson pour haut parleur en bois de lilas qui nous ont bien cassé l’oreille, pendant les sessions de Beethoven. Le paille en queue empaillé sur le Buffer de Sténio.

Paul Dantier avait décidé de venir habiter sa propre maison. Nous avons commencé un long exode qui nous a graduellement poussés à de nombreux déplacements de maisons en maisons. On s’est installé dans une petite maison en tôle et bois. Celle-ci se trouvait à côté de la maison des Crouche à la rue Pope Hennessy, appartenant à une parente de la famille Crouche. Une case exiguë que je n’aimais pas malgré la présence de ma famille. Mes parents donnaient l’impression de me considérer comme ayant passé une frontière peu familière.


La maison à gauche est celle où Marie-France et Jacqueline sont nées A droite
la maison familiale des Crouche. .

Marie France et Jacqueline devaient naître dans cette cabane. Marie France est née le 3 janvier 1953. Maud et Max Mélotte, sa marraine et son parrain, sont venus fêter l’événement avec Roland, Laine et Cyril.. Marie France avait la figure toute fripée à sa naissance, ce qui faisait dire à Roger Crouche qu’elle était née plutôt laide. Quelques jours plus tard c'était de l'avis de tous, un très beau bébé. Marie France étant aînée des enfants a été la plus photographiée de la famille, car Sténio disait qu’elle était destinée à devenir un futur docteur.

Nous avons encore un album de ses photos et vous pouvez la voir toute menue avec son air insolent.



Nous avons vécu très simplement,à part les festins tous les dimanches, comme d’habitude, mais les fins de mois étaient difficiles. Il fallait emprunter 10 à 20 roupies de Laine ou à Maud , la sœur de Sténio pour le ménage. Sténio a été promu et a acheté une voiture. C’était ma première voiture, une Morris Minor verte, No. 6228.
Jacqueline est née, deux années après Marie-France. Elle est venue au monde sans problèmes. La sage femme. était toujours Mme Marguerite Dada.
Comme on habitait à côté de la famille Crouche, toute la famille était présente,. Malgré le fait que c'était un Vendredi Saint, c'était une belle occasion pour faire la fête. Le parrain était Roland et la marraine Gladys.
Jacqueline était un assez gros bébé, bien formée dès sa naissance.
Comme on était mal logé dans la cabane de la rue Pope Hennessy à Beau-Bassin, on déménagea pour louer une coquette maison neuve à la rue Hitchcock, Quatre-Bornes, appartenant à la famille Bouchet. Nous avons habité cette maison pendant quatre ans et y avons mené une vie heureuse, en regardant grandir nos deux filles. Celles-ci fréquentaient une petite école maternelle de la famille Bouton, tout près de la boutique Castel. Jacqueline y allait pour dormir, mais Marie-France, très têtue, donnait du fil à retordre à son surveillant. Un jour, elle s’enfuit de l’école et est revenue seule à la maison. Comme c’était de coutume alors de corriger les enfants fautifs, elle a eu droit à une bonne fessée à mon retour du travail.
En 1957, Sténio a été à la section de Phytopathologie comme ‘Plant Inspector.’ IL avait un bureau à Port Louis pour contrôler les importations de plantes et végétaux. Il le fallait seendre en douane à l’arrivée des bateaux et à l’aéroport pour celui des avions. Comme ceux-ci atterrissaient alors au milieu de la nuit, il s’y rendait en taxi avec le planton Marday.
Le planton de Port Louis, Samboo, un grassouillet, nous téléphonait à Quatre-Bornes pour me mettre au courant des arrivages. « Moi Samboo ça, Madame »,
En 1958, Sténio a fait une mauvaise affaire en faisant l’acquisition d’une vieille voiture noire qui avait été maquillé avec de la peinture fraîche. Une Austin A40, No 7246. C’était de toute évidence une bagnole esquintée, ayant un moteur défectueux.
On vivait cependant gaiement, recevant beaucoup de visiteurs. On s’amusait follement et il y avait des fêtes pour le déjeuner du dimanche et même parfois en semaine. Je me souviens que Roland et Edley Macquet, bien amochés ont dansé un soir, une ritournelle bien cadencée nommée Zambézi.
Le 2 Novembre 1958, on était en pique-nique à Pointe aux Roches avec Edley Macquet, sa femme Jacqueline et ses enfants ainsi que Cyril et sa famille. Pour chaque fête c’était la même chose. Il me fallait tout préparer. Nous faisions les frais des repas, de la boisson, des vins,comme si on était riche.
Sténio a failli se noyer quand une vague gigantesque l’a emporté à côté des rochers. Il a été à l’hôpital de Souillac et a a été contraint de conduire lui-même la voiture, pour revenir à Quatre Bornes, car les autres garçons ne savaient pas conduire. Il devait rester trois mois alité à la suite de mes blessures au rein.
En 1959, André Moutia et sa femme Bernadette, sont partis en congé pour l’Europe et nous avons logé chez eux. à la rue Volcy Goupille, Beau-Bassin. La maison d’André Moutia était une assez vieille maison, qui avait été cependant bien entretenue et aménagée pour donner un certain confort. La cour était assez vaste et la devanture faisait valoir une jolie pelouse avec un magnifique letchi à côté de la maison. Nous avions accès à son salon et sa varangue; ainsi que sa chambre et une autre grande chambre qui était réservée aux enfants.
Je me souviens des fêtes que nous avons organisées dans cette maison. On jouait de la bonne musique quand on recevait Nadeau ou Lagaité, des amis de travail de Sténio. je n’avais rien d’autre à faire que me blottir dans mon coin et d’écouter les élucubrations de gens plus ou moins éméchés.
Des surprises parties ont réuni pas mal d’amis. Le violent cyclone Carol s’est abattu sur nous en janvier 1960. Nous avons vraiment eu peur en subissant les menaçantes rafales. Pendant le calme qui a duré plus d’une heure, Cyril, dont la maison avait été abîmée est venu se joindre à nous. Le lendemain, c’était la désolation et il n’y avait plus de feuilles sur les arbres. Dans la cour, c’était une grande dévastation, et on ne voyait que des branches déchiquetées. Chez les voisins, c’était pire. Dans la ville de Beau Bassin tout était plus ou moins détruit.
Nous avons toujours ma photo en robe rouge prise sur les perrons de la varangue de cette maison. Cette photo nous a accompagné dans toutes les maisons.

Jean y est né le mercredi 6 Avril.1960. Encore une fois Madame Dada. La naissance eut lieu en présence de Sténio seulement sans l'aide des parents. C'était la naissance du premier garçon. Celui-ci avait une bonne tête et des joues où perçaient des fossettes.
Le baptême eut lieu le jeudi 7 avril à l'église Sacré-Coeur de Beau Bassin. Jenny a été la marraine et Cyril Crouche, le parrain. Bien arrosé avec le Whisky Ushers et du champagne Veuve Cliquot, la fête du soir fut mémorable, et Sténio en est sorti éméché et délirant d’optimisme.
Vers la fin de 1960 nous avons encore déménagé pour aller vivre dans la maison que Mazy occupait à la rue Henri Lemaire, à côté de la maison de Ignace Félix. Clair Bancilhon se remettait d’une grave maladie et Mazie était partie seule en Europe. pour un court séjour.
Tout comme Jacqueline, Jean était un bébé toujours de bonne humeur, qui s’accommodait bien dans sa famille avec ses deux sœurs pour qui, il représentait une nouveauté, quelqu'un de différent.
Le fameux Clair était un caractère inhabituel et fort bizarre. On a eu droit un jour, à une vraie scène de théâtre quand il se rendit compte que Dookmine avait mis du sel dans son café. Cette cohabitation avec la famille de Mazy, Clair, Dominique et Pascale n'a duré qu'une année et nous avons habité une maison neuve à Belle Rose. Encore un autre départ pour Quatre Bornes à la rue Balgobin ou Nicole devait naître, quand Jean avait un peu plus d'un an. La maison construite en béton, située non loin du Collège saint Esprit, avait pourtant l’aspect rustique, et on n’avait pas le confort espéré. Sténio a alors fait l’acquisition d’une Ford Prefect blanche B. 755..

Nicole est née le mardi 29 Août 1961. La naissance se passa très bien, la sage femme était toujours Marguerite Dada,
mais contrairement à la naissance de Jean qui s'était effectuée tranquillement entre Mme Dada, Denise et moi-même ; Il y avait cette fois pléthore de gens, dont la maman de Denise, Laine, Maud, et quelques visiteurs amis, Cyril et Lizzy, et enfin, Edley et Jacqueline Mackey.
Notre dernière-née, que Sténio avait appelé Colo, dès sa naissance, était plus menue que les autres enfants à leur naissance. et avait des yeux pétillants.

Elle fut baptisée en l'église de Notre Dame du Rosaire à Quatre Bornes. Maisie a été sa marraine, et Gaby Edouard Betsy, son parrain. En 1962 on a déménagé de nouveau pour aller à Belle-Rose, Avenue Ollier, dans une assez coquette maison appartenant à Brelu-Brelu. C’est à cette période qu’on fit le projet d’entreprendre notre premier voyage en Europe. La voiture fut vendue en 1963, et on déménagea de nouveau pour habiter la maison familiale à Beau-Bassin. A cette période nous allions chaque fin de semaine en pique nique avec des amis. La voiture sillonnait l’île et c’était chaque dimanche un festin au bord de l’eau. J’avais comme d’habitude beaucoup de cuisine à faire.

Notre voyage en Europe fut sommairement préparé. Nous n’avions d’autres ressources que le maigre salaire de Rs. 800 de Sténio au service du gouvernement. Nous sommes arrivés exténués à Londres. Mme Dada qui était aussi en voyage à Londres, nous conseilla de prendre une chambre à Holloway, en attendant de trouver mieux. A l’hôtel, on a eu droit à une spacieuse chambre en face de celle du Dr Vellin qui était installé avec sa femme et son fils. Louis Honoré et sa fille Christiane, habitaient le même hôtel ;
L’hôtel d’Holloway était encore trop cher pour nous et on trouva une modeste chambre à 37, Sommerfield Road, Finsbury Park, plus loin au Nord de Londres.
Nous devions habiter à Finsbury Park pendant cinq mois. Nous avons d’abord Joui d’une vie de touriste pauvre,, en visitant la cité, parfois à pied.
Sténio se rendait souvent à Arsenal pour le football et j’ai assi assisté à un match ou deux. .
Il y avait à côté de Finsbury Park, une grande étendue de pelouse avec un charmant lac qui était fréquenté par des cygnes, dont le cygne noir d’Australe et une multitude de canards.
Pour assister aux courses à Alexandra Park, il fallait marcher pendant deux heures pour atteindre le château qui était situé au niveau de Wood Green. Nous nous mettions confortablement sur une pente pour voir les courses de chevaux.
J’ai donc vu monter le grand cravache Lester Pigott. Je rentrais toujours rompu de ces sorties.
Jenny, Léon et les deux fillettes, Lysel et Rosemay étaient en vacances à Londres et logeaient à Victoria en même temps que la famille Hennequin. Nous avons donc rejoint la famille Julien pour les visites traditionnelles à Hampton Court, Greenwood et Windsor. Nous avons aussi visité plusieurs musées connus et moins connus comme la Wallace Collection. Ces visites étant gratuites. Nous avons été émerveillés de découvrir les meilleurs tableaux connus, ceux de Rembrandt, de Greuze, de Renoir, de Raphaël. Un matin la vieille Mme Dada, nous a accompagnés lors d’une de ces visites à la British Museum. Elle semblait perdue au milieu des blocs gigantesques venant d’Egypte, de Mésopotamie ou de Perse. En présence des exhibitions de poteries et autres sujets en porcelaine elle proclama son mépris en disant à Sténio « Qui faire to carquille to lizié coum ça couillon, ça benne cachepot là ramasse ec la pelle dans Riviére des Anguilles cotte vieux matantes Denise. »
Maud, la petite sœur de Denise arriva en Angleterre pour s’y établir. Elle devait habiter chez les Wilden avec Mme Dada et chercher du travail. Nous avons cependant pu visiter ensemble, plusieurs sites intéressants, dont le jardin de Kew.
Après trois mois de cette vie de farniente, nous avons pris la décision de travailler étant donné que nous avions des fins de mois plutôt pénibles. Je fus la première à trouver un emploi dans une imprimerie. C’était mon premier travail dans ma vie et je me sentais bouleversée. Après trois semaines au travail il devint évident que je ne pourrais jamais m’y faire. Je pensais vraiment que les autres filles me surveillaient, et qu’on parlait de moi derrière mon dos. J’ai été contraint d’abandonner ce travail.
Malheureusement après quelques semaines, nous avons décidé que je me remette à travailler, cette fois dans une entreprise de fabrication de sacs à main pour dames. Le propriétaire est venu à Sommerfield Road pour nous proposer du travail. C’est ainsi que tous deux, on se rendait à Holloway le matin pour passer une longue journée de travail manuel dans une vielle bâtisse, à l’architecture typiquement vieille anglaise.
Après un mois, ne m’adaptait toujours pas, j’ai souffert d’une dépression nerveuse. J »ai du démissionner. Ma santé devait se détériorer et on m’a conduit, en compagnie de Jenny et Léon à l’hôpital français de Londres. Le médecin, une jeune femme, ne diagnostiqua qu’une simple dépression nerveuse et lui avait prescrit des calmants. Ces médicaments devaient me rendre plus relaxe, mais assez morose. Je devais demeurer dans cet et ne profita nullement du reste du voyage. Pourtant, après six mois en Angleterre, nous nous sommes rendus en France pour rejoindre les Julien. Nous étions logés dans une petite chambre d’hôtel à côté de celle des Julien à la Rue Lange, dans le quartier latin. Comme on était à Paris nous avons rendu visite à Ludovic et Gladys, celle-ci était alors enceinte. Après avoir visité un peu Paris, nous avons de nouveau pris l’avion pour Marseille pour passer quelques jours chez Max. La maman de Sténio en voyage en Europe à ce moment habitait chez Max avec les Julien. Max avait loué à notre intention un appartement de l’hôtel très connu de Marseille, construit parle célèbre architecte le Corbusier.

Après un court séjour à Nice, on est reparti pour Rome..
Nous n’avions plus guère d’argent à la fin de notre long périple, mais avec un repas de sandwich par jour et des fruits, nous avons parcouru à à pied la ville de Rome.
On était alors jeunes.
Nous avons en effet accompli deux autres voyages à Rome. De retour à Maurice, je me sentis mieux après avoir retrouvé les enfants. J’avais cependant eu des séquelles de la dépression nerveuse. Sténio disait que je n’avais plus tout à fait le même caractère et pour la première fois depuis notre mariage, je pris du poids. De retour dans la vieille maison familiale Sténio a repris son travail comme Assistant Pathologiste au département d’Agriculture
Edmond, charpentier de la section de Pathologie, nous avait construit un garage d’un côté de la maison, pour abriter la Ford Prefect B755, car un lundi de Pâques on avait volé la voiture. La voiture fut retrouvée trois jours après, quelque peu abîmée et sans batterie!
Nous avons déménagé de nouveau pour occuper une maison à la rue Brodie, Beau Bassin. C’était une vieille bâtisse en béton mais avec des portes en bois mal lambrissé. Il n’existait pas d’antivols. ce qui nous a valu un jour la visite d’un cambrioleur, probablement asthmatique. Il réveilla Jacqueline en passant près de sa chambre avec sa respiration haletante Il réussit à enjamber la fenêtre, et de nous emporter une belle pendule murale et à donner une grande frayeur à Jacqueline.
Nous avons été habiter dans une maison dans les hauts de Beau Bassin appartenant à Bussier. Bussier voulant vendre sa maison, il nous a fallu partir, et nous avons déménagé, cette fois pour aller à Rose Hill au No.6 Rue Lamartine, une maison appartenant à un chinois. C’était une assez grande maison moins confortable sans doute que la précédente, mais que les enfants aimaient en raison je pense de la proximité au Plaza. C’est dans cette maison que Srénio a été opéré de l’appendicite.
Nous avons pendant cette période reçu les visites de Max et Mathé et nous avons eu l’occasion de faire de nombreux pique-niques.
Pendant les visites à Maurice de mon beau frère Max et sa femme Mathé, nous avons été un peu partout dans l’île surtout dans les endroits réputés pour la qualité de la plage et les bains de mer.
En 1973, nous sommes retournés dans la maison des Félix à Beau Bassin. Nous sommes partis pour l’Europe, cette fois avec plus de plaisir. Le voyage devait durer environ 3 mois. Après un séjour en France, ou on avait fait la fête avec Marie Rose et Albert Le Hoeddec, et bu du bon cru à même sa cave de vins, nous avons fait mieux connaissance avec la superbe cité de Paris. Le voyage par avion de Paris à Amsterdam a été très court et nous avons pris le train le même jour pour Ede. Comme il n’y avait pas de logement disponible à Wageningen , où je devais étudier, on s’installa dans un luxueux motel à Ede. Il n’y avait pas grande chose à visiter à Ede mais on était logé convenablement et je suis resté devant pendant que Sténio accomplissait ses missions. Quittant Ede, nous avons été passer deux jours à Amsterdam dans un petit hôtel au bord d’un des multiples canaux de cette curieuse cité. Nous avons eu du bon temps à flâner dans les ruelles d’Amsterdam, contemplant les maisonnettes fort coquettes mais aussi le palais Royal avec sa superbe façade et avons même visité un cirque, assez tapageur, non loin de notre hôtel. En prenant l’avion pour Londres j’ai été étonné des fouilles de valises et même des personnes. C’était le tout début d’un accueil nouveau de voyageurs à travers le monde. Nous avons trouvé la famille Maulguet à l’aéroport et nous nous sommes rendus chez eux à Carysford Street où ils louaient une maison. Jocelyn Betsy et Alain Crouche, étudiants, habitaient alors chez eux.
De retour à Paris, nous avons été chez Gladys et nous avons téléphoné à un ami de Sténio, Delanoë, qui nous avait invité a venir chez lui en Bretagne pendant qu’il était en stage à Maurice. Il nous a accueilli à la gare de Nantes et nous a fait une tournée touristique de la ville en voiture. On se rendit ensuite à Corcoué, un petit patelin bien caché, au milieu des vignobles dont certains appartenaient à sa famille. Nous avons fait la connaissance des parents de Dominique ainsi que de ses nombreux amis, et de ses clients qui venaient acheter des bouteilles de vin .
Les Delanoe sont parmi les producteurs du Gros Plan, un vin blanc très sec que nous buvons actuellement les dimanches. Nous avons visité les vignobles et goûté les belles grappes de raisin, La famille Delanoë nous avait alloué une maisonnette rustique en pierre, ayant un style de construction typique de la localité.
Le soir devant un repas plantureux, on écoutait avec ravissement le père Delanoë parler de ses souvenirs viticoles.

En 1974, nous avons quitté la maison de Beau Bassin pour prendre hâtivement une mauvaise demeure à la Rue Blondeau, Rose Hill. Je ne devais y demeurer qu’un mois, puis on s’installa a Belle Rose près de l’église St Jean dans une bonne maison appartenant à un officier de police.
C’est dans cette maison et nous y avons même fêté nos 25 ans de mariage.
à Belle Rose.
La messe dite par le père Lajoie a été chantée par Jean Luc Renker qui devait plus tard se faire prêtre. On avait invité avec toute la famille, Pierre et Roger Crouche ainsi que Bernadette Moutia. Durant cette périoden, nous allions souvent faire des séjours au bord de la mer surtout dans le campement Didier à Poste Lafayette. C’est lors d’un de ces séjours avec Eugène et Maud qui était à Maurice que Jacqueline eut à son tour une dépression. Soignée par plusieurs psychiatries, elle a fait plusieurs séjours en clinique sans aucune amélioration de son état. Elle souffrait d’une nervosité extrême avec des angoisses. Cet état dépressif dura plusieurs années, les plus belles de sa vie et petit à petit elle redevint normale mais avec des séquelles de nervosité.

Pour le quinzième anniversaire de Jean, on organisa une petite fête en compagnie de Roland. Celui-ci conduisit la Simca pour la randonnée traditionnelle à Rivière des Anguilles, chez les tantes de Denise et la famille Comty. Il perdit contrôle de la voiture à Britannia et on se retrouva dans un canal assez profond.
Le 29 Décembre 1975, on acheta une autre voiture neuve, la Renault At 804. Nous avons depuis conservé la même voiture qui est demeuré dans la famille pendant 22 ans. Nous l’avons vendue en Décembre 1998..
En 1977, nous sommes revenus dans la maison de des Félix une fois de plus Beau Bassin. Nous devions entreprendre un voyage en Europe pour le mariage de Marie France.
Avant de repartir pour Londres, avec Jacques et Marie-France nous avons visiter le sanctuaire de Lisieux.
En 1878 Sténio a été nommé Scientific Officer en pathologie à l’Institut de Recherches. La même année nous avons déménager pour aller habiter la rue Brodie. C’était une demeure modeste en partie en bois appartenant à une chinoise qui possédait une boutique à Rose-Hill. En 1979, l’Institut de Recherches a envoyé Sténio à un congrès de 12 jours aux Philippines.
En 1980, nous avons encore déménagé, cette fois pour revenir à Quatre-Bornes, à l’avenue des Giroflées. La maison était petite, mais la grande cour était bien clôturée. Nous avons passée plusieurs années dans cette maison et les travaux perpétuels de Sténio dans le jardin avaient petit à petit transformé l’apparence de la cour. Nous avons reçu un nombre important de visiteurs dans cette maison. Par ailleurs les anniversaires et fêtes annuelles étaient dignement célébrés..
Cette même année, le 5 septembre, nous sommes partis en voyage d’agrément pour l’Europe accompagné de Jean. On était de retour à Maurice le 18 décembre. Nous avons d’abord séjourné chez les Maulguet à Londres. Ils habitaient alors à Carysford Street au nord de Londres, près d’un grand parc. Nous avons bien vite fait le tour de la cité pour montrer à Jean tous les sites importants. Sténio a profité pour assister à un match de foot à Arsenal. Jean était content d'avoir l'occasion de voir jouer son équipe favorite, qui a gagné ce jour-là. Nous avons visité les musées, dont le National Gallery et les musées d’histoire Naturelle et de Science à Kensington.
En décembre, sommes repartis par avion pour la Réunion ou on devait passer la fête de Noël. Marie France et Jacques ainsi que Carine qui était toute mignonne, habitaient à Saint Denis dans les casernes réservées aux français sur la colline.
Le 22 décembre, Marie France était restée avec Carine qui souffrait de grippe. Jacques nous a fait faire un tour de l’île en passant par Cilaos. Le soir du réveillon de Noël, nous avons quitté les invités de la famille Koerkel, pour assister à la messe de Noël à 10 heures. C’était à Notre Dame de la Délivrande, qui se trouve tout près des casernes. Marie-France a accomplie plusieurs voyages avec vers Maurice avec Carine. Lors d’un des voyages, nous avons été à L’île aux cerfs.
Sténio a pris sa retraite à la MSIRI en 1981. IL a été embauché par une entreprise d’exportation de fleurs d’Anthurium Son statut s'est vite amélioré au fil des années et j’avais tout à fait la confiance des propriétaires.
En 1983 Jean et Nicole avaient été admis à l’université de Montpellier en France. Les revenus des pensions et deses salaires nous ont permis de faire face aux dépenses mensuelles pour leurs études.
A Maurice, nous menions une vie simple et sans grandes dépenses, hormis les dimanches, quand nous avions toujours la table bien garnie avec de bons vins.
Un jour qu’Irénée se sentant mal, avait fait mander le docteur. Après l’avoir ausculté, il constata qu’elle n’avait rien de grave. Irénée avait le même jour insisté pour qu’il donne son avis sur l’état des pieds de Roland qui montraient des blessures non cicatrisées, séquelles de son diabète. Le docteur a été étonné de constater que Roland était assez mal en point. Son diabète s’était aggravé et il avait commencé à avoir des problèmes de circulation. Il semblait qu’un pied avait un début de gangrène. Il conseilla l’hospitalisation immédiate.
Après quelques jours, il devenait inévitable de songer a une amputation. Le pauvre Roland devait perdre une jambe. Il accepta son sort avec courage, sans se plaindre. Pour un homme de sa corpulence, il avait à faire face à une situation difficile. En effet, il lui a fallu plusieurs mois de réadaptation avant d’être en mesure de se déplacer à l’aide de béquilles. S’il ne sortait plus beaucoup, il recevait toujours ses vieux amis.
En 1985, nous avons accompli un nouveau voyage en Europe, pour fêter les 60 ans de Sténio. Il s(était d’abord rendu aux Etats-Unis et à Hawaï avant de nous revoir en France. Quelques jours après, je repartais pour la France où m’attendaient Denise, Jacques et Marie France.
Nous avons accueilli Jacqueline à Roissy. Nicole et Claude sont aussi venus nous rejoindre chez Marie-France. Comme Jean était déja en France, étudiant à Montpellier, nous devions tous nous réunir à Wassy.
C’était une année exceptionnellement froide et il avait neigé avant Noël. A la fin de l’année, tout le paysage avait blanchi, en particulier les forêts avoisinantes de Wassy. Le 31 Décembre, Jacques nous a conduit à Verdun. Le soir, on a été étonné de voir Jacques s’isoler à la cave pour hacher son bois de chauffage. Nous avons compati avec Claude qui se refusait de venir à son aide, le jour du réveillon. Nous avons bu du champagne et du Whisky et Jacques, fatigué et in habitué aux mélanges de boissons alcooliques, était tombé malade. Le lendemain 1er Janvier, j’ai été avec Sténio la messe à l’église Notre Dame de Wassy. Il faisait un froid glacial sous la nef. On devait ensuite préparer le repas du jour de l’an. Nous sommes partis à Marseille ou Nicole et Claude occupaient un appartement à la Juliette, non loin des bureaux de la SNCM où Claude travaillait. Nous avons profité pour refaire connaissance avec cette grande ville. On habitait le quartier du port et nous pouvions aller à pied à la Cathédrale de Marseille. Nous avons pu constater dans certains quartiers, une présence tapageuse d’Arabes et autres Nord Africains. Nous avons pris le train pour Montpellier avec Nicole et avons été rejoindre Jean et Patricia. Jean habitait un appartement au dernier étage d’un vieil édifice assez central, comme on en trouve souvent dans les grandes villes. Nous avons passé de bons moments à Montpellier, profitant du bus rouge gratuit pour sillonner la ville. Nous avons été plus tard avec Jean au Zoo de Montpellier. C’est à Montpellier que nous avons appris le 8 Janvier, la mort de ma maman.. Elle avait eu une vieillesse pénible, ayant souffert semble-t-il de la maladie d’Alzaimer. Une agressivité étonnante avait submergé sa douceur naturelle. Nous avons prié pour elle à la cathédrale de Montpellier, un édifice historique mais un peu caché, réputé pour la belle musique d’orgue.
Nicole et Claude sont venus se marier religieusement à Maurice le 29 Décembre 1986. C’est le père Etienne de la paroisse Saint Jean de Quatre-Bornes qui a célébré le mariage. On avait invité le résidu de la famille qui n’avait pas émigré en Australie ou en Europe. Nous avons reçu les invités dans un nouvel hôtel de Quatre-Bornes. Mes copains de la MSIRI avaient aussi été invités et Pépé Ferré a prononcé le discours. Le lendemain, les mariés avaient été dans un campement à Baie du Tombeau. Ne voulant pas être seuls, nous les avions donc rejoints le lendemain. Nous avons pu manger des langoustes que l’on vendait encore à la criée dans les rues. En raison de la forte chaleur qui nous incommodait, nous sommes retournés à Quatre Bornes, sans profiter de la mer.

L’évêque de Port Louis, Monseigneur Margéot, a été fait Cardinal la même année que Maud était venue à Maurice avec Maisie pour fêter ses 70 ans. C’était le 26 décembre 1988. Maud, toujours coquette, ne voulait pas que l’on mentionne son âge. Le mariage de Jean et Patricia a eu lieu le lundi 19 Décembre 1988, à l’église de Saint Jean par le prêtre Billot qui semblait souffrir d’une grippe ce jour là. Le père Renker, notre ami Jean Luc,a prononcé l’homélie. La fête a eu lieu à Curepipe dans une grande résidence coloniale. Il y avait un modèle de la tour Eiffel dans la cour. Maud était bien boute en train et a même donné un spectacle de Tango en solo avec Gilbert Poisson son cavalier pour la circonstance. Carine a elle aussi été remarquée dans une danse de son temps en solo. C’est Jacques qui a pris le toast. Jean et Patricia s’étaient connus depuis pas mal de temps et avaient été ensembles parfois à Montpellier, parfois en Ecosse.
Max et Mathé sont venus en séjour à Maurice en 1990. Ils sont repartis pour la France le 31.9.90.
Nous avons accompli un autre voyage en Europe en 1992. Nous sommes cette fois partis le 24 Juin pour revenir à Maurice le 19 septembre. L’évènement de ce voyage a été le baptême de Marie-Claire à Wassy, le 12.Juillet.
Plus tard, nous avons été avec Jacques à Londres en voiture, pour dix 10 jours. A Paris nous avons logé chez Nicole Lacube, la sœur de Claude, avec Carine, avant de nous rendre chez Laine et Fernand à Versailles. Nous avons plus tard effectué un voyage en voiture à Reims avec Dominique, le voisin de Marie-Franee, qui avait le même emploi que Jacques.
Nous avons s pris un train de nuit avec couchette pour nous rendre dans le sud de la France chez la famille Febvre. Celui çi nous a fait visiter Tarbes avant de nous conduire à Lourdes où nous avons passé une agréable journée.
Nous avons repris le train pour Marseille. Claude et son père Raymond étaient à la gare Saint Charles pour nous accueillir. Nous avons été chez Gisèle, la sœur de Claude à Marseille.
Le lendemain, nous avons pris le paquebot de la SNCF pour aller en Corse. C’était une croisière mémorable et fort agréable. Claude m’a fait faire la connaissance du capitaine et nous avons pu visiter la tour de contrôle, et une salle où on pouvait voir de multiples ordinateurs. Tout était automatisé. Notre séjour à Ajaccio devait être particulièrement agréable. Nous avons visité Corté, Porte-Vecchio, Bonifacio et Bastia. Maisie est venue nous rencontrer en Corse pour une semaine et nous avons multiplié les bains de mer.
De Bastia, nous sommes revenus à Marseille par un autre paquebot. Nous avons pris le TGV pour Paris, et de là nous sommes retournés à Wassy. Après les dernières fêtes et les adieux, nous avons de nouveau pris le train pour Paris..

Le, le 2 Novembre,1989, nous avons appris sans étonnement que mon frère Roland, était mort à la clinique. Il avait 64 ans. Nous avons accompagné le corps de la clinique à Beau-Bassin. C’était le désir de Roland d’avoir beaucoup de monde pour ses obsèques. Nous sommes partis vers Souillac au cimetière marin familial des Crouche pour laisser Roland dans sa dernière demeure. Il a été enterré dans la même tombe que la tante Andrina Crouche, morte le 15 septembre 1969En 1991, nous avons appris avec peine que Maud avait été frappée d’une congestion cérébrale en Nouvelle Zélande. Comme elle avait exprimé le désir de revenir à Maurice je lui ai écrit avec l’accord de Denise pour l’inviter à venir habiter chez nous à Quatre Bornes. Il nous avait semblé que la famille Poisson ne voulait pas prendre la responsabilité d’accueillir Maud étant donné que Michel habitait chez Marcel et Lily et avait déjà une mésentente avec son mari. On est aller la chercher à l’aéroport et nous avons été chagrinés de la voir arriver dans une chaise roulante. Elle avait vieillie, portant maintenant manifestement son âge. Nous l’avons donné une chambre individuelle, d’accès facile, à l’arrière de la maison. Un dimanche de Pâques, nous sortions de la Messe et on avait été prendre la tension de Maud et de Denise. Nous avions comme d’habitude un menu digne de l’événement, Sténio s’est subitement palint d’une grande faiblesse. Jean l’a conduit à l’hôpital Candos. Un médecin inexpérimenté a conseillé l’hospitalisation. Jean a jugé qu’il serait préférable de le faire admettre plutôt à la clinique de Bon Pasteur et de consulter un spécialiste, le Docteur Kallachand. Celui-ci a fort heureusement découvert qu’il s’agissait d’une septicémie et a ordonné des analyses bactériologiques du sang tout en lui prescrivant des injections d’antibiotiques. Il a pu regagner Quatre-Bornes le dimanche suivant. Pendant sa maladie Maud avait habité chez Lily. Elle a décidé de repartir pour la Nouvelle Zélande. Elle devait revenir avec Maisie un an plus tard et cette fois avait été accueillie par la famille Poisson. Elle avait de la peine pour s’adapter au sein de cette famille, et une fois de plus elle a pris la résolution de retourner définitivement en Nouvelle Zélande. Le propriétaire de la maison de Quatre-Bornes, ayant eu le désir de s’enrichir davantage, avait illégalement construit une bâtisse à l’arrière de la maison que l’on habitait. Nous avons donc loué une maison à étage à côté de celle du propriétaire, Maurice Yeung Kan Ching. Notre nouveau propriétaire était un parfait gentleman qui malheureusement souffrait d’emphysème et avait de graves problèmes respiratoires. Nous avons déménagé, pour occuper la nouvelle maison le 15 Mai 1993, jour de la naissance de Marie Claire. On y habite encore en 2005. En Nouvelle Zélande, Maud s’était adaptée à vivre dans un ‘home’ et avait de nombreux amis. Elle était très populaire et rendait des services à d’autres locataires du Home. Elle devait mourir dans son sommeil, le 10 janvier 1993. Plusieurs mortalités se sont succédés, Jenny la sœur de Sténio est morte à Melbourne, de même qu’Alain Crouche, et plus tard Roger Crouche, mon parrain. Puis ce fit le tour d’Iryse. Elle a été enterrée au cimetière de Souillac dans la tombe de mes parents. .
Il fallait vendre la maison des Crouche. La famille accepta l’offre de 800 mille roupies. L’acquéreur habite encore la maison qui est toujours presque intacte. Tous les membres de la famille Crouche devaient se réunir à Maurice pour la vente et pour recevoir leur dû.
Claude et Nicole en vacances à Maurice, sont retournés dans la maison qu’ils avaient visitée avant notre déménagement. Nous les avons accueillis dans la chambre d’amis et Jacqueline a été s’installer au rez- de- chaussé, dans une petite chambre emménagée pour la circonstance. Ce petit coin devait être plus tard occupé par Mazy, ensuite par Annick et Colin. Nicole est venu initier Sténio en informatique. Le virus informatique l’a depuis fortement contaminé et il en est fada.
Quelque mois seulement après avoir déménagé, nous avons entrepris un nouveau voyage en Europe.
Pour les 70 ans de Sténio en 1995.
Nous sommes arrivés à Paris, en Avril, par un temps vraiment glacial. Nous avons voyagé en voiture avec Jacques et Carine de Roissy à Wassy. Carine qui venait d’avoir son permis de conduire avait pris le volant. Le lendemain, nous avons pris le train de nuit avec Marie-France et Carine à St Dizier pour nous rendre par Dijon vers Rome.
Nous sommes arrivés à à Rome le lundi 24 Avril, et nous avons logé à l’hotel Serena Delle Rosa.
Nous avons été visiter le Vatican le même jour par le bus. A Rome, les passagers voyagent souvent debout, entassés dans le véhicule Le lendemain, c’était la grande tournée générale pour visiter la ville Nos sites privilégiés : Ste Marie Majeure, le Colysée, le forum, le monument Victor Emmanuel, la fontaine de Trévi, et une fois encore le Vatican. Nous avons aussi tenu à visiter le musée du Vatican et la Chapelle Sixtine.
Le soir, très fatigué, pour avoir beaucoup marché, nous avons pris nos repas au restaurant : Pâtes et pizzas accompagnés de Birro (Bière).
Le 26 nous sommes retournés à Ste Marie Majeure et en route, nous avons acheté les produits en cuir. Nous avons pris la route d’ Oscida où se trouve une autre gare de chemin de fer. Nous sommes partis, vers 4 heures pour Livourne. Le train longe la côte en fin de trajet, et on peut alors admirer les grosses vagues de la méditerranée. A Livourne, Claude et Nicole sont venus nous accueillir en voiture.
Surprise! La famille allait se diriger en voiture vers Florence où on loge dans un hôtel luxieux au centre de la ville à l’hôtel Duomo, situé au Piazza Duomo, devant la grande cathédrale. Le lendemain, jeudi 27, nous avons été visiter la célèbre ville, en passant par Ste Marie des Fleurs, la cathédrale, puis St- Laurent. En sortant de St- Laurent Sténio se fait chiper son porte feuille par une troupe de gitans. « Grâce à toi une nichée de gitans vont pouvoir manger pendant un mois ! » disait Claude à Sténio en guise de consolation. Au retour nous avons été à Pise, où nous avons visité le dôme et la célèbre tour penchée. Le voyage vers Livourne a été agréable, et nous avons eu l’occasion d’apprécier la campagne italienne. A Livourne nous avons passé la nuit dans un beau paquebot de croisière italien. Nous avons eu l’occasion de danser pendant la fête de nuit sous les regards de Nicole dont les yeux pétillaient de malice. Le lendemain le bateau est parti pour Bastia.
Le 1er mai, pour l’anniversaire de Laura ( 5 ans.), nous avons fait un excellent déjeuner en famille. J’ai participé en préparant son plat de crevettes.

Nous avons été un autre jour à la cathédrale de Bastia, Ste Marie et prié au Crucifix du miracle à l'église Sainte Croix de la Citadelle dont c'était la fête.
Le samedi 6, nous avons accompli le long trajet vers le Cap Corse. Nous avons visité l’église Lavasina, où avait eu lieu, un miracle de guérison de la Sainte Vierge.
Tout près de l’appartement de Nicole, on pouvait encore visiter l’église St Antoine de Padoue. Il y avait alors dans l'église, une exposition des reliques du saint.
Le dimanche 7, c’était les élections présidentielles. Chirac devait en sortir victorieux.
Le Dimanche 21, après un long trajet en voiture, nous avons été à Bonifacio. Claude et Nicole nous ont donné l’occasion d’apprécier la charcuterie corse. Nous avons quitté Bastia par bateau, le mardi 23. Ces croisières sont fort confortables.
Claude nous a emmené à Martigues pour voir Max et Mathé. Max est venu nous chercher dans sa propre voiture avec Marie Laure une fillette de Mick. Max habitait alors avec Mathé dans un petit campement appartenant à Mick. Ils étaient déçus que l’on n’allait pas passer toute la journée chez eux, car Claude voulait prendre le chemin de Lourdes avant midi. Mathé était devenue toute ronde avec un embonpoint causé par sa boulimie. Max disait qu’elle mangeait beaucoup trop. Max voulait nous offrir sa grosse voiture pour le voyage, mais Claude a préfère la sienne qu’il connaissait mieux. Nous sommes donc partis vers Lourdes où nous sommes arrivés fatigué le soir. Nous avons pu réserver un bon hôtel non loin du sanctuaire. Marie France et Jacques étaient venus nous rejoindre le lendemain et après les pèlerinages nous avons un peu fait la fête au restaurant.
Après Lourdes, nous avons une fois encore retrouvé Paris pour prendre l’avion et retourner au pays.
Cette année, Jean transféra son laboratoire à Bel Etang où se trouvent les plus grandes superficies de culture de l’Anthurium. Jacqueline qui avait perdu son emploi à Auction Mart, quand l’entreprise avait fait faillite, a été employée par Microlab comme laborantine. Elle se rend chaque jour avec Jean en voiture à son lieu de travail.

Chaque dimanche, la famille s’est retrouvée à Quatre-Bornes, chez nous, pour le déjeuner familial.
Le 5 mai 1996, le pays a appris la mort de Gaétan Duval.
le grand politicien qui se disait ‘Roi des créoles.’ Il a eu droit a des funérailles nationales et les partisans,, comme les adversaires politiques, se sont rendu en grand nombre pour lui rendre hommage. On n’avait jamais vu autant de monde à Maurice pour des funérailles.
Nous avons décidé de nous installer à la mer pour profiter de nos vieux jours. Un appartement situé dans le centre a Building, le Flamboyant, nous a paru excellent. On était au deuxième. Il y avait trois chambres, dont la principale, assez grande avait sa propre salle de bain et son WC privé. Nous étions installés très confortablement dans cette nouvelle demeure, tout en conservant l’usage de la maison de Q.Bornes.
Nous avions réussi à avoir notre résidence secondaire pour quelque temps.
Le départ pour Flic en Flac a eu lieu le 27 janvier 1996. Le déménagement s’est effectué avec l’aide de Jean et de Mimiche cousin de Sténio.

Sténio prenait 4 à 5 bains de mer par semaine et on allait parfois la nuit contempler le magnifique coucher du soleil. Nous pouvions d’ailleurs voir le coucher du soleil de notre propre petit balcon. Nous avons reçu beaucoup de visites des parents et amis dans ce campement. D’abord Claude et Nicole, puis Marie-France et Stéphanie en juillet 1996.
L’année suivante Mazy, Gladys et Max. L’arrivée de Max a été un évènement car avec son emphysème et ses ennuis de poumons il lui fallait absorber de l’oxygène en permanence. Le jour de son arrivée, Jean et Gilbert Poisson l’ont porté sur une chaise à l’étage. Il a fallu transporter son appareil d’oxygène qui était très lourd. Quand Frédéric et sa femme Mélissa sont venus rejoindre Maisie, ils ont loué un campement qui n’était pas trop confortable à Flic en Flac près de La Pirogue. Max a été les rejoindre pour quelques jours, mais a préféré revenir chez nous. Il aimait se rendre sur une vaste varangue à l’arrière du bâtiment pour fumer une demi-cigarette et admirer la vue, en s’accoudant sur la balustrade. Il transportait toujours le fil conducteur du gaz.
Il a été étonné des travaux sur des thèmes religieux que faisais son frère sur l’ordinateur. «Gros boulot! » Disait-il.

Laine et Fernand ont entrepris un voyage à Maurice en 1997. Ils ont logé chez Myrielle, mais sont venus souvent à Flic en Flac. Fernand avait la patience de suivre Laine quand celle-ci lui lançait pour ainsi dire, une sommation pour l’accompagnait au Casino. Il s’exécutait sans protestation. C’était un doux ! Ils ne profitaient nullement des bains de mer, mais participaient aux réunions familiales et aux fêtes à la mer au crépuscule. J’ai toujours rêvé d’avoir un toutou pareil.
Myrielle et Gaby, étaient venus un matin, nous rendre visite et nous avons reçu la famille à déjeuner. Gaby Edouard Betsy est mort le 15 Novembre 1996. C’était le mari de Myrielle et un grand joueur de domino. Il a été enseveli dans la même tombe que Roland au cimetière de Souillac.
Sténio a pris définitivement sa retraite et on lui a coupé l’allocation de conseiller. Nous avons donc décider d’abandonner le campement de Flic en Flac pour revenir à Quatre-Bornes. On devait plus tard louer un autre campement à Wolmar ou on est resté 8 mois.

Le 12 Août 1997.Fernand est mort accidentellement semble-t-il à Londres.
Comme Fernand se déplaçait avec des chaussettes, il aurait glissé près de l’escalier, et aurait pu avoir dégringolé jusqu’au bas..
Sa tête semblait avoir été enfoncée, et il saignait de l’oreille gauche. Il respirait encore.
Il est mort entre minuit et une heure du matin. Les médecins ont annoncé la nouvelle à la famille, qui était à l’hôpital.
Il a été inhumé au cimetière de Montreuil, Versailles
Jacqueline a été habiter Sodnac dans un appartement acheté par Jean pour Laurent. La petite Christine qui reste toute menue est maintenant une habituée de Mémé et Pépé. C’est un caractère tapageur mais gai. Laurent, est costaud et grandit de jour en jour. C’est un grand dessinateur qui fait aussi beaucoup de sports.
Un autre deuil, a affecté la famille, Cyril Crouche est mort en Novembre 1997. Nous avions revu Cyril en 1994 quand toute la famille Crouche s’était réunie à Maurice pour la vente de la maison d’Irénée. Il avait passé ses vacances dans un campement à Peyrébère, avec Fernand, Laine, Gaby, Myrielle, ainsi que la famille Maulguet. Un fait surprenant : trois des quatre hommes qui étaient au campement sont décédés depuis. Cyril n’avait que peu vieilli, mais il buvait régulièrement une forte quantité de bière. Il en buvait à toute heure et Lizzie nous a même dit qu’en Australie il s’enivrait parfois avec de la bière. Un soir, après avoir bien bu, Cyril est tombé violemment au sol, frappé d’une congestion cérébrale. Il est resté au coma plusieurs jours jusqu'à sa mort. Jean devait faire le trajet de Melbourne à Sydney en voiture, pour les funérailles. Mon frère Cyril avait été un bon garçon un peu rude de manières, qui avait un don pour la charpenterie et la menuiserie. Il avait été instituteur de métier et c’est peut-être cela qui le rendait si nerveux. Il était tout à fait différent de son frère Roland. Tous ses enfants sont mariés en Australie.
Nous avons été une fois de plus habiter Flic en Flac tout en conservant la maison de Quatre Bornes.

En 1999 nous avons entrepris un nouveau voyage en Europe, du 30 Avril au 19 Juillet. Nous avons été comme toujours à Wassy, en Corse à Lourdes et en Angleterre avec Nicole et Laura.
J’ai pu visiter Stasbourg avec Marie France et Sténio. Sur le chemin de retour, à Bar le Duc, nous avons été chez Carine..
Le vendredi 7, j’ai été content de visiter Reims par voiture, avec Marie-France et. Nous avons aussi visité la cathédrale de St- Denis. Le même jour on était à l’Arc de triomphe et au palais de Chaillot pour contempler le magnifique panorama vers la tour Eiffel. Un grand écriteau au milieu de la tour, indiquait le nombre de jours pour l’an 2000. Chez Laine, nous nous sommes mis à vivre à sa cadence pour ne rien changer de ses habitudes. Nous avons été à Montparnasse, puis à chapelle de la Médaille Miraculeuse. Il y avait une Messe des pèlerins de Lourdes..
Le mercredi 12 après la traditionnelle visite à Notre Dame de Paris, Le jeudi 13 nous avons été avec Laine chez Jocelyn Edouard Betsy. Bertille nous a préparé un excellent repas : Pintade en daube et plateau des saucisses françaises. Jocelyn nous a fait visiter un immense hypermarché, le Carrefour Après le dîner, nous avons été à Paris pour admirer les lumières de la ville. Jocelyn nous a fait prendre l’avenue des Champs Elysées que nous avons enfin pu contempler la nuit, dans toute sa splendeur. Nous avons appris au téléphone que Marcel Poisson était mort à la clinique. Il avait été admis pour une simple bronchite, mais son cœur a fait défaut dans son sommeil. Il a été enterré dans la tombe de tante Julie Moutia, au cimetière St Jean.
Le 25, nous sommes partis par le train pour Grenoble, pour voir Max qui était toujours assez malade. Dany est venu nous rencontrer à la gare en compagnie de Maisie vers 9 heures du soir. Le lendemain nous avons fait le pèlerinage de La Salette. Longue promenade de montagne en voiture, avec Frédéric, Dany, Annie et Mazie. Le lendemain, jeudi 27, nous nous sommes rendus chez Max qui habitait une bonne maison de retraite. Le 28 nous avons pris le train vers 11 heures pour Marseille et Nicole et famille nous ont rejoints à la gare vers 3 heures de l’après midi.
Nous avons tout de suite pris la route vers Lourdes, et nous nous sommes arrêtés à Narbonne pour passer la nuit.
Le Samedi 29, nous avons fait le pèlerinage de Lourdes pour la dernière fois du siècle..
Au chemin de retour nous avons été à Montpellier ou nous avons passé la nuit. Nous avons dîné à la fameuse place de la Comédie ou nous avions jadis habité dans l’appartement de Serpillon. Nous avons aussi retrouvé l’appartement de Jean et de Nicole, dans une rue avoisinante. Le lundi 31, nous avons pris le bateau pour Bastia. Nous étions confortablement installés dans la nouvelle maison des Devichi à Furiani. On avait une chambre avec une télévision et une vidéo pour passer les films collectionnés par Claude. Les Devichi ont une grande cour.On voyait souvent Claude s’en occuper. Sténio disait qu’il plaçait les petites roches sur de grosses roches. Ils ont aussi quelques arbres fruitiers : pommiers, abricotiers, et Orangers qui rapportent..
Nous avons entrepris une longue tournée au Cap corse et on s’était arrête à Lavasina que nous avions déjà visité cinq ans auparavant.
Marie-France et Marie-Claire sont venus nous rejoindre en Corse, et nous avons passé deux semaines ensemble. Ayant probablement abusé de saucisson, et de vin rouge, Sténio a eu deux attaques de goutte. Le retour à Marseille a été agréable, car nous avons voyagé à bord d’un plus grand paquebot, le Napoléon. Nous avons cette fois accompli le trajet pendant la journée. A Paris, nous avons été à la Gare du nord pour prendre le train Eurostar pour Londres par le tunnel. Laine nous a rejoint à la gare et devait nous accompagner en Angleterre. Le voyage est vite fait, on ne voit même pas la Manche et on se retrouve après 20 minutes d’obscurité dans les campagnes du sud de l’Angleterre. Le train va directement à la gare de Waterloo. Maud et Joëlle étaient au rendez-vous. Comme c’est la coutume nous avons eu droit à une fête spéciale dans la soirée Eugène qui fait la cuisine, s’était surpassé pour nous faire un repas gargantuesque, bien arrosé, comme toujours. Nous avons été contents de voir évoluer la petite Sophie, qui parle trois langues déjà. A mon étonnement Colin était comme un bon cuisinier. Il avait également, comme Eugène, une bonne capacité de boire plusieurs verres d’alcool. Le retour en France a été sans problème, mais il y avait le surcroît de bagages qui nous a incommodés. Nicole est partie pour d’autres vacances au sud de la France et on du encore faire des adieux. Nous sommes revenu épuisés mais contents à Maurice avec des valises remplies de…bouteilles.
Je suis abonnée à Sky Vision, et nous avons depuis quelques années.les programmes de Canal Satellite, grâce au parabole installé sur le toit. Avec le nouveau téléviseur de 29 pouces j’ai eu moi aussi mon hobby et pendant que Sténio écrit ses bouquins sur Ordinateur ou enregistre ses
3000 morceaux classiques, je peux voir mes séries et les jeux.
Nous avons perpétué les réunions familiales, chaque dimanche, avec Jaqueline, Jean et ses enfants. Hélas, les traditions familiales pénètrent mal chez les jeunes du 21 e siècle. A par Noël et Pâques Jacqueline seule est présente depuis 2003.
Max est mort paisiblement le 29 novembre 1999. Ses cendres rapportées à Maurice sont dans la tombe de mon père à saint Jean.
Nous avons passé la nuit du 31 décembre 1999 avec Myrielle à Quatre-Bornes.
La famille s’est retrouvée presque au complet en 2000 avec les voyages de Marie France, Marie Claire et les Devichi.
Frédéric Félix et son amie sont aussi venus chez nous, ainsi que Dany Annie et Marie.
Sténio a subi deux opérations. La première fois à la Clinique de Lorette pour enlever des excroissances de la cuticule, encombrantes, et la deuxième pour un problème de fistule. Il a pris beaucoup de temps pour se rétablir maintenant c’est mon tour d’avoir des inquiétudes pour le taux de sucre. Il me faut me ménager et manger parcimonieusement pâtes et gâteaux sucrés. Je suis maintenant devenu comme Sténio un appréciateur de whisky et consomme un verre la plupart des jours Très rarement deux. Sténio qui a diminué son appétit en prend de 2 à quatre. Il se ménage également. Ayant chroniquement des douleurs d’arthrite je dois prendre souvent des anti inflammatoires. Souvent sans grand effet. C’est fatigant de se lever le matin avec des douleurs de genou ou de pied. Cela me rend nerveuse à tel point que l’on pense que mon caractère a sensiblement aigri. Jacqueline qui m’entend le matin,, me nomme alors’rodeur la guerre’.
Nous avons dignement fête Noël et le nouvel an. Le 31 décembre 2000, nous avions acheté une bouteille de Campagne Veuve Clicquot, que nous avons bu en compagnie de Jacqueline.
La famille Maulguet est venue à Maurice en Mars et Avril. Ils étaient logés dans un campement à Choisy, et comme il y avait une piscine Jean avait emmené ses gosses pour les bains de piscine avec Sophie. Annick, Colin, Joelle, son ami Chris et les grands parents Peter et Carol étaient du groupe. Nous avons loué le campement Nautilus au bord de la mer à Albion pour recevoir tout ce monde le jour de Pâques. C’était une bonne fête bien arrosée. Le jeudi suivant, ils sont tous venus à Quatre-Bornes pour un cocktail.
Les enfants voulaient que nous soyons tous en France pour fêter les noces d’or, en 2001. On serait alors en compagnie de tous les petits enfants. Carine a accouché de notre arrière petite fille Axelle au début de juillet. Nous avons pu aller la voir à la clinique.

La fête des noces d’or du 14 Juillet 2001 a eu lieu à Taverny, 61 Rue de Beauchamp, près de Paris.











Nous n’avons pas essuyé de cyclones en 2003 et 2004. Le pays a donc été luxuriant et les filaos de flic en Flac en excellent état.
Le 12 août comme chaque année nous avons réuni tous les amis et la famille pour mon anniversaire.
Marie France est venue à Maurice avec Marie Claire en 2004. On prenait parfois le bus pour aller prendre le bain de Flic en Flac.
Depuis 2004 Mimiche nous accompagne les mardis et vendredis à Flic en Flac pour le bain. de Flic en Flac.Je me demande comment ils font pour plonger dans l’eau glacée à leur âge. .
Maisie venait régulièrement à Maurice et comme elle jouissait comme nous d’une bonne santé on faisait souvent la fête.
Janvier 2004.

La photo miraculeuse..
Le 15 août, le pape était en pèlerinage à Lourdes et la messe de l’Assomption était diffuse sur les ondes de RFO Réunion. J’ai appelé Sténio pour lui dire de venir voir. En reprenant les vues sur l’ordinateur, il a constaté q’une des photos montrait la Vierge Marie dont le corps transparent laissait voir le visage du pape. Cette photo inexplicable que nous avons distribué dans la famille et la plupart de nos amis, servira sans doute à forger davantage la foi .
Nous avons en ce jour de l’Assomption reçu une grande grâce de Dieu et la Sainte Vierge Marie.

Vers la foin de 2004, Sténio a installé avec l’aide de Mimiche, une tente sur le balcon à côté de notre chambre avec l’aide de Mimiche. L’œuvre des deux vieux de 79 et 89 ans. Il a construit un cadre en métal pour bien amarrer les les poteaux de la tente. Nous avons aussi acheté un appareil de barbecue,
Avec nos petits enfants de Maurice.
Enfin j’arrive à 2005. L’année de mes 75 ans et des 80 de Sténio.

Chronologie.
1930. Date de ma naissance ; 12 aôut 1930 dans une maisons loué de Edoaurd Crouche.
1930. La même année est arrivé le gouverneur Wilfrid Jackson.
1931 Le 4 mars cyclone désastreux qui dura quatre jours
1932 10 avril Un cyclone cause des dégâts au sud
1934. Suppression du papier monnaie de l’Inde qui avait cours à Maurice.
1935. Je vais à l’école de Rivière des Abguilles
1935. 19 août début des manifestation grandioses pour le bicentenaire de la ville de Port louis
1936. Le roi Georges V meurt, Edouard VIII devient roi. Le 10 décembre ; il abdique et Georges VI devient roi.
1937. 23 avril Cérémonie de la bénédiction de la statue de Bernadette Soubirous à lourdes R Hill, par Mgr James Leen.
2 mai Début des fêtes pour le couronnement de Goerges VI et se la reine Elizabeth, qui devait vivre plus de100 ans.
23 octobre Arrivée du gouverneur Sir Bede Clifford ; 13 au 15 mars Agnar sombre après un cyclone de Madagascar Un Janson meurt da,s le bateau
1938. Retout D’Anquetil de son exil à Rodrigues.
1939. Nous habitons à Riv des Anguilles avec Emma Mimie, Noellie, Sissy et le Bonhomme Edouard, père de Roger Crouche. Je quitte l’école primaire Puis on retourne habiter la maison ou je suis n&ée à Rivière des Anguilles.
17 mars Mort d’Anatole Crouche.
1940. 28 avril Débarquement de la statue Marie Reine de la Paix
15 août Inauguration du monument Marie Reoine de la paix à Port Louis.
1940 17 décembre Le japon entre en guerre.
27 mars Emission de billets monnaie d²une roupie.
1940 Restrictions affectant les service ferroviaires dans le sud et l’set
1942. Restriction ferroviaire abolie.
1 octobre début du rationnement du riz.
1 avril rationnement de dnrées alimentaires.
1 juillet Le sous marin allamend Luth coule l’Emire Lakeet Fort Frank Puis le Clan Mc Arthur qui amenait de l’approvisionnement à Maurice.
Home Guard
1 mai Institution du système de pointe pour l’alimentation.
1 Juillet Inauguration de Mauritius Broadcasting Service
1943. Nous allons habiter à Port Louis.
1943. 5 Décembre les cloches des églises sonnenr de nouvau après les restrictions.
1945. Mes quinze ans à Port Louis 15 au 17 janvier Cyclone désastreux.
4 février Inauguration âr air France d’un service aérien entre Maurice et Alger
1945 Nous quittons P. Louis pour Beau Bassin.
1946 12 octobre Retour du dernier contingent de pionniers du Moyen orient
1947 30 juin Les papiers monnaies de 50 et 25 spis n’ont plus court 20 Novembre mariage de la princesse Elizabeth et le duc d’Edinburgh célébré à Maurice ;
1947. Je fais la connaissance de Sténio Félix
1951. 14 Juillet Date de mon mariage.
10 décembre apparition d’ine comète.
1953. 30 janvier Naissance de Marie-France
1954.16 avril Naissance de Jacqueline.
1960 6 avril Naissance de Jean.
1961. 29 avril Baissance de Nicole.
1951 12 juin Naisance de Jocelyn.
1956. 10 Juillet Naissance de Gilles.
1952. 7 aout Naissance de Gilliane.
1891. 16mars Naissance d’Anatole Crouche, mon père.
1896.21 mars Naissance de ma mère Irénée Crouche née Comty.
1978 18 avril Naissance de Carine
1982 29 mars Naissance de Séphanoe1992 15 mai Naissance de Marie Claire.
1986 9 Janvier décès de ma mère Irénée.
1993 16 août Naissance de Laurent
aud.
1995.15 avril Décès de Jenny.
1996 1 septembre Naissance de Christine.

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