22 mai, 2009

Raoul Rivet.





Raoul Rivet.

Louis Raoul Rivet est né le 8 Juin 1896 à Rose Hill.
Il avait deux frères, Louis Francois Joseph Rivet né lé 10 Mai 1894 à Rose Hill. Très connu et aimé à Beau Bassin, il était le père de Pierre Rivet, un ancien collègue, qui a travaillé comme Secrétaire à la MSIRI, et dont un fils est prêtre.
Le deuxième frère, Louis Edwin Harold Rivet né le 16 Mars 1898 à Rose Hill. Il avait plusieurs enfants. Un de ses fils, Raymond a été politicien et maire de Beau Bassin Rose Hill. Nous avons été bons amis au Collège Royal de Curepipe dans les années 40.
Raoul River avait aussi deux sœur : Léonie Marie Rivet né le 18 Juin 1900 à Rose Hill et Louise Lucciani Rivet née le 2 Juin 1898

Raoul Rivet et son ami Edgar Laurent arrivent sur la scène politique en 1920. Ils vont jouer
un rôle prépondérant au conseil municipal de Port-Louis.
Ils ne se sont pas ménagés pour mettre en exergue les doléances, les revendications des
personnes de couleur, les créoles.
En 1920 il n’y avait pas de voitures On circulait par carriole et train. Le collège Royal de Curepipe était les seul collège.
Rivet Et Laurent ont demandé de créer une autre école à Port Louis. En 1930. Raoul Rivet et Sir Edgar Laurent présentèrent une motion au Conseil législative qui fut adoptée avec l’appui de Morgan Phillips, recteur du collège Royal de Curepipe. Cette école s’appela Royal College School, une succursale du Collège Royal de Curepipe.

Dans son livre sur la littérature de langue française à Maurice, Wasley Ithier a écrit : Raoul Rivet s’est imposé à l’ attention du public mauricien par sa composition facile et son style pur et bien français. Il a piblié un recueil de poèmes ou se révèle une âme tendre et passionnée. Une nature chaude et généreuse. Il débuta comme cler d’avoué et bientôt, mis en évidence par des articles de journaux, il s’adonna aux Lettres.
Pour la clarté du style, la vigueur de l’expression et surtout la sincérité des idées, il rappelle Léoville l’Homme, mais un L’Homme plus ardent, plus frondeur, plus indépendant. La politique aujourd’hui l’absorbe presque complètement. Démocrate avant tout il appuie les revendications des mauriciens instruits, quel que soit leur classe et préconise la formation d’une élite d’où qu’elle vienne, qui travaillerait à l’amélioration du sort commun et sauvegarderait les droits et les privilèges des mauriciens. Trop indépenfdant pour se plier à des louches combinaisons, il préfère dénoncer les abus et et flétrir les injustices. Ses articles écrits avzc conviction ont plus d’une fois faut reculer l’arbitraire et le despotisme.

Un poème de Raoul Rivet

Le Foyer

L’hiver je serai seul et morne cette année
Sans rien que les regrets ou s’éteindront mes soirs
Et je devrais garder en mon âme médusée
Le silence pieux hantant les reposoirs.
J’irai dans l’ombre errante de la Destinée
Fidèle au souvenir de mon sublime espoir
Et n’attendant que vienne en ma vie obstinée
Le lumineux instinct de l’immortel revoir !
Au soir d’hiver, bien dur quand les longues pensées
Assiégeront mon cœur de leur ailes pressée.
Au soirs de lourd frissons et de tremblants efforts.
Je n’airai qu’a penser à mes amours prochaines
Pour que ma voix brûlant d’ineffable haleines
Comme un encens divin ranime mes sens froids !

Cinq sonnets sur Paul et Virginie
I. Le passage du Torrent.
II. Le Bain.
III. Le soir de l’Adieu
IV. Le Naufrage.
V. Le Tombeaun lui valurent le Prix du concours de 1919 du Cercle littéraire de Port Louis. Ces poèmes sont publiés dans l’Essor le 16 Dec 1919.

Elégie de Raoul Rivet.

Ce soir je n’entends pas la voix de mon désir
Crier l’appel ardent dont la candeur s ’effare.
Demeure près de moi. Je veux que mon plaisir
Soit de goûter la joie inattendue et rare
De l’amour sans baiser, sans honte, sans rancœur.
L’amour vaut mieux ainsi quand son ivresse est telle
Que l’on sent plus rien de ce monde en son coeur
Lorsque la vie a pris cette forme immortelle
Du rêve qui l’a fait être on reflet des cieux.

Raoul Rivet a été l’acteur principal d’un d'un groupe de presse. Ses locaux sont situés au numéro 8 de la rue Saint Georges à Port-Louis.
Fondé en 1908 par Eugène Henry, Le Mauricien est le plus ancien journal du pays depuis la disparition du Cernéen.
Raoul Rivet, poète et polémiste de talent se joint au journal en 1918. Plusieurs fois maire et député de Port-Louis, il prend la direction du journal en 1922 et s'en rend acquéreur en 1925.
Eugène Henry avait décider de quillier le journa. Il fit ses adieux le 31 Janvier 1922.
Dans les bureaux du Mauricien
Présents Dr Reynolds Rohan, Anhony Ferrière, Maxime de Sornay, Marc Chaillet, M. Ramsley
Raoul Peromblon, Raoul Rochecouste, Prosper Forget, Maître René Maigrot Notaire prit acte des déclarations de l’acte compétitif. Le journal appellerait Le Mauricien et le capital fut de Rs 30000, divisé en 60 actions de Rs 500. La direction serait constitué ainsi : Dr Arthur Rohan, Raoul Peromblon, Lamberty, Raoul Rochecouste et Raoul Rivet. A la rédaction, furent nommés : Peromblon, Larche, Chaillet et Rivet.
En politique Rivet a façonné, selon ses idées et convictions, la municipalité de Port Louis et est devenu député au Conseil législatif. Il a été fait CMG, Commandeur de l’ordre de l’empire Britannique.
Les habitants de Port Louis s’intéressaient alors beaucoup à la politique et à la Municipalité. Le poste de maire était envié.
Rivet était un membre influent de son parti L’Union Mauricienne.
Plus tard, un regroupement des partis eut lieu, l’Union Mauricienne fur remplacé par un groupement de douze.
Furcy Adele
Mamode Hassen Affahul
Goolam Mohamed Dawjee Atchia
Mamode Ismael Ganty
Philippe Antelme
Samuel Fouquereau
Dr Edgar Laurent
Gabriel Martial
Maurice Poupart
Dr Seewoosagur Ramgoolam
Raoul Rivet
Philippe Rousset
Les adversaires dont Abdul Rajak Mohamed, entre autres.
Rivet pensait que l’élection de Ramgoolam s’était faite au détriment des musulmans.

En 1923, il y avait 1164 votants River va appuyer Laurent et Jérôme Tranqille.
Au cours d’un meeting au Théatre de Port Louis avec Laurent et Martial, une liste fut dormée avec Furcy Adele
Sukalilngim Apassamy
Nemours Decotter,
Victor Ducasse,
Harold Glover,
Dr Edgar Laurent,
Dr Edouard Laurent,
Gabriel Martial.
Félix Laventure.
Maurice Poupart.
Raoul Rivet et
Deeraljal Seetulsing.
Le Dr Laurent regretta qu’aucun musulman ne s’était joint au mouvement.
Gabriel Martial dit qu’il faut que la politique soit une lutte d’idée et non d’intrigues. Martial déclare que les adversaires du mouvement libéral avaient des menées extrémiste, séparatiste et de nationaliste.
Le nombre d’inscrit comme électeur inscrits à la municipalité à été de 2870 inscrits.
Elus dans l’ordre
Dr Edgar Laurent,
Paul Furcy Adele
Raoul Rivet,
Gabrei Martial;
Samuel Fouquereau,
Philippe Antelme,
Fernand Espitalier Noel,
Dr Edgar Millien,
Philippe Rousset,
Guy Forget,
Maurice Poupard,
Dr Sewxoosagur Ramgoilmam.

Théatre .
Raoul Rivet était un fervent du théâtre et allait souvent voir des pièces d’opéra ou de musique. Il s’y rendait avec un groupe de mélomanes dont faisait partie ma tante Janine Félix, institutrice.

En 1923, Rivet voulait obtenir un emprunt de Rs3000 du gouvernement afin de réparer le théâtre.

Rivet a œuvré pour rendre à l’édilité le caractère respectable.
Il a toujours défendu la communauté créole et avait été un des promoteurs du mouvement de rétrocession de l'île à la France.
Raoul Rivet a aussi défendu la liberté de la presse

En 1937, à l'item motions privées des membres, Raoul Rivet veut que "le Conseil regrette que le gouvernement n'ait pas saisi l'occasion qui lui était donnée pour désavouer le commissaire de police dans sa décision de ne plus communiquer des informations à un certain journal".

Le lieutenant-colonel R. Deane contents de certains propos publiés par Le Cernaient, a donné l'ordre à ses subordonnés de ne plus recevoir son représentant pour recueillir des informations policières. La décision de Deane, constituait une atteinte délibérée contre la libre expression.
Rivet au Conseil se met à défendre le Cernéen.

"M. le Président, il était naturel que cette motion, après les faits que l'on sait, fut présentée par moi, parce que je suis journaliste, mais je dois dire que les occasions, ou les prétextes, de découragement ne m'ont pas manqué. Parmi mes propres amis, il en est qui m'ont tenu à peu près ce langage: "Pourquoi vous mêlez-vous de cette affaire ? Il s'agit du Cernéen, qui est un journal représentant des opinions politiques différentes des vôtres, un journal qui compte de nombreux amis au Conseil du Gouvernement; que ce soit donc un de ceux-là qui prenne l'initiative d'une telle motion. Pourquoi essayer de faire le Don Quichotte et vous mettre peut-être en fâcheuse posture vis-à-vis du Gouvernement ?" J'ai répondu à cela: "Je fais mon devoir comme journaliste. Seul journaliste siégeant à ce Conseil, je me devais de prendre cette initiative pour défendre ce que j'estime être les droits, la dignité, la liberté de la presse. Mais je n'aurais pas été un journaliste, que je l'aurais prise, parce que je considère qu'une telle question est un critère pour l'esprit public Mauricien".
"M. le Président, c'est la dernière séance du Conseil à laquelle vous aurez présidé, du moins pour votre administration actuelle. Vous avez connu des moments difficiles, vécu bien des jours d'anxiété. Je me serais certainement gardé d'y ajouter le moindre ennui, le moindre désagrément, si votre attitude ne m'y avait absolument contraint. À vous aussi, M. le Président, il n'eût pas été difficile de régler cette affaire à l'amiable. Vous ne l'avez pas voulu, et, si je le regrette, ce n'est pas pour moi. Mais je tiens à vous dire que seul le souci de mon devoir, j'ajouterai, de ma dignité, m'a amené à venir aujourd'hui proposer un blâme contre votre administration, un blâme contre vous-même, parce que vous n'avez pas eu le courage de désapprouver une décision qui n'était qu'un acte d'insipide courtisanerie à votre endroit, mais qui était une grave atteinte à la liberté de la presse; un blâme contre vous, M. le Président, parce que, après n'avoir pas eu le courage de désapprouver le courtisan, vous avez eu le courage d'approuver l'inconvenance que constituent les réponses du gouvernement à mes interpellations."

A l'exception de Raoul Rivet lui-même, de Dr E. Laurent, et des membres nommés Goolam Mamode Dawjee Atchia, Alfred Gellé et R. Gujadhur, tous les autres huit députés étaient issus de la communauté blanche. Le Cernéen avait au sein de ce Conseil des amis sur qui pouvoir compter pour le défendre. Mais, comble de l'ironie, ce fut le député Hugnin, le plus gros actionnaire du Cernéen, qui choisit de donner la réplique à la motion de Raoul Rivet.
Curieusement, P. Hugnin dit que le junior member de Port-Louis avait eu le mauvais goût d'attaquer de cette façon le représentant de la reine lui-même. "Je ne dirais certainement pas que le commissaire de police a été correct en pénalisant un journal local en lui privant d'information lors des derniers troubles survenus dans cette île, mais d'autre part, je peux réaliser dans quel état d'esprit et dans quelle humeur il se trouvait au moment précis où il a eu à prendre sa décision".

Lors de son intervention, P. Hugnin devait confesser que le commissaire Deane était son voisin de quartier et qu'il était aussi son meilleur ami dans la vie. Hugnin devait même aller jusqu'à féliciter son meilleur ami pour avoir fait preuve de compétence dans son administration de la police durant les troubles.

La motion de Raoul Rivet fut mise aux voix. Six députés votèrent pour : A Gellé, G.Atchia, A.L. Nairac, S. Fouquereaux, Dr E. Laurent et Rivet. Mais, ils furent 19 à s'y opposer, tous les fonctionnaires anglais nominés siégeant au Conseil et les députés A. Raffray, P. Adam, T. Mallac, P. Raffray et P. Hugnin.

Raoul Rivet avait une forte personnalité.
Je le vois encore, une masse imposante de cheveux au vent.
Energique, il était respecté pour sa plume acérée et ses polémiques.

Rivet était un fervent turfiste et participait activement dans deux écuries successives. Il participa à l’écurie Larché et son cheval Enigmatique un vrai crack emporta plusieurs courses. J’étais au Champ de Mars quand il a raté de peu le Maiden. Son cheval Enigmatique n’a pas pu rattraper Sepoy un autre crack et a été battu d’un nez. Je le vois encore assis sur une banquette au paddock laissant paraître son dépit.

Raoul Rivet est connu comme un polémiste acharné. Il a eu entre autres combat d’idées une courte polémique avec Jay Narain Roy.
Ils sont devenus ensuite de bons amis. Roy devait être le fondateur d’Advance. Roy cessa d’écrire à Advance quand il se rendit compte que le journal faisait de la politique.
Il en fit apparemment de même avec Janata qui était un journal de la même compagnie.
Rivet lui a ouvert sin journal et il a contribué à de nombreux articles.
En 1984, Roy déclara que cela ne valait pas la peine de lire Advance.
Il écrivait régulièrement à “Le Mauricien” et “L’Express”.
Il devait se joindre à
Anquetil, son ami, pour la lutte envers la justice sociale. Il créera in syndicat avec Anquetil
Roy est devenu Membre du parti travailliste et député comme membre Indépendant de Grand Port-Savanne en aôut 1948. Raoul Rivet avait appuyé sa candidature dans son journal.
Guy Rozemont a aussi été élu.
Le Conseil legislative comprenait alors 31 membre dont 19 seulement étaient elus. Les autres étaient nommés par le gouverneur. Le gouverneur le Secrétaire Colonial le Secrétaire des finances y siégeait aussi comme ex-officio

Je me souviens d’un des derniers meeting publique de Raoul Rivet à Beau Bassin au cinéma Roxy. Il était avec Gaétan Duval mais a été le principal orateur. Beau Bassin était son fief et il y avait alors de farouches partisans de Rivet dans cette ville.
La politique avait pris un nouveau tournant, et Rivet fut difficilement élu. Il allait bientôt quitter la scène politique.

Rivet était membre fondateur du Cercle littéraire de Port Louis et du Cercle de Rose Hill.
Ses interventions lors des banquets étaient toujours fortement appréciées. Ses nombreux amis le considérait comme un bon vivant.
Il est mort des suites d’un cancer des os, le 9 Novembre 1947. Il est enterré au cimetière de l’Ouest, Port Louis.
Rivet avait ét fait Chevalier de la Légion d’honneur par la France qu’il avait tant aimé.

1 commentaire:

Petiot a dit…

Merci Stenio,
Je suis très heureux que tu aies partagé ces inormations enrichissantes.

Amicalement
Petiot