19 avril, 2011

Le Père Jean Eon.

Le Père Jean Eon.


Ce prêtre français a vécu à Maurice pendant 30 ans . En reconnaissance à ses services une école de Grand Gaube porte son nom.
Né à Guérande, Loire Atlantique, au sein d'une famille nombreuse et profondément chrétienne. près de Nantes, le 16/07/1921
Sacerdoce : premiers vœux à Piré, le 09/10/1941 ; vœux perpétuels à Chevilly, le 06/07/1946 ; prêtre à Chevilly, le 06/07/1947 .
Le père Eon est décédé à Chevilly, le 03/01/1980, à l’âge de 58 ans, après 38 années de prêtrise. il a été dans différentes paroisses de Maurice dont St Jean et Gd Gaube à Maurice du 17/07/1948 à 1978 .

Homélie de Mgr Margéot à sa mort.
Chers confrères et chers amis,

Le Père Jean EON nous a quittés pour la maison du Père . Il est mort le 3 janvier (1980) à Il h.15. Le 27 décembre, jour de la fête de St. Jean et jour de sa fête, il avait commencé à avoir de sérieux malaises et dans la soirée du 27 il eut une syncope. Transféré à l'hôpital St. Joseph le lendemain, il a été de plus en plus mal et il est mort au moment où on lui faisait une radiographie.
Jean Eon est mort à l'âge de 58 ans après avoir été prêtre pendant 32 ans . En lui nous perdons un frère dans le sacerdoce mais aussi un ami sincère, un véritable Mauricien d’adoption.
Dans la soirée du 27 décembre (1979), Jean Eon, frappé par la maladie, souffrait et n'arrivait pas à dormir. Il dit alors à un de ses confrères : « Tu sais, il est temps que je retrouve le soleil de Maurice » .
Supérieur de la Communauté des Pères du St. Esprit à Chevilly, Jean Eon était resté très attaché à Maurice et au diocèse de Port-Louis auquel il avait donné le meilleur de sa vie sacerdotale. Il s'était fait connaître et aimer dans plusieurs paroisses ; à Rodrigues il avait lancé le mouvement des Cœurs Vaillants et Ames Vaillantes. De retour à Maurice il avait continué d'être extrêmement attentif à l'éveil religieux chez les jeunes et les enfants. Une paroissienne de Grand Gaube m'écrit: « Je dois beaucoup au Père Eon pour le départ qu'il a su donner à mes enfants dans leur vie chrétienne » .
Mais ce n'est pas seulement auprès des enfants et des jeunes qu'il laissera un souvenir marquant. A cause de son ouverture aux autres, de la parole aimable et du sourire qu'il savait adresser à chacun, il avait su dérider ses paroissiens les plus sombres. Un autre paroissien m’écrit au lendemain de sa mort : « Il doit déjà reposer dans la joie à cause de tous les sourires qu'il donnait si gratuitement, à cause de son rire communicatif qui déridait les plus tristes » .
Il ne faut pas croire que la joie qui émanait de Jean Eon était la joie un peu superficielle ou la bonne humeur naturelle de quelqu'un qui n'avait pas connu la souffrance. Depuis longtemps Jean Eon avait des ennuis de santé. Il a toujours souffert d'un déplacement de vertèbres, opéré mais jamais guéri. L'on peut dire que sa joie de vivre et son accueil des autres étaient le fruit d'une vie spirituelle intense, un don reçu du Seigneur dans la prière quotidienne qui l’aidait à surmonter sa souffrance physique.
Sa joie et son sens de l'accueil faisaient de lui un excellent supérieur religieux. De 1972 à 1978 il fut le Supérieur de district des Pères du St. Esprit à Maurice.
Avec ses confrères il était toujours ouvert, fraternel, franc. Pour lui l'exercice de l'autorité était vraiment un service. Personnellement, en tant qu’évêque, j'ai toujours apprécié sa collaboration pour le bien du diocèse.
Je voudrais lui rendre hommage et je voudrais dire aussi combien je lui suis reconnaissant d'avoir tant travaillé à mettre Maurice sur la carte des Supérieurs religieux de la Congrégation en France. A chacun de ses voyages en France il essayait de sensibiliser ses Supérieurs aux besoins du diocèse de Port-Louis. C'est grâce à lui que nous avons pu obtenir ces derniers temps la précieuse collaboration de jeunes prêtres spiritains français.
Jean Eon restera pour nous un exemple de vie religieuse et de vie sacerdotale.
A l'époque où le Concile Vatican II apportait de profonds changements dans la vie de l'Eglise, il était curé de Grand Gaube. Il avait vraiment à cœur de faire passer l'esprit du Concile dans sa paroisse. J'ai été frappé par son désir d'associer pleinement les laïcs aux responsabilités dans l’Eglise. Il savait faire prendre conscience aux laïcs de leur vocation de baptisés. Il savait les amener à prendre des responsabilités missionnaires ; il se mettait facilement en relation avec eux. C'est ainsi que pour lui la nouvelle vision de l'Eglise comme peuple de Dieu ne restait pas purement théorique. Cette nouvelle vision de l'Eglise se traduisait dans des décisions concrètes, dans les faits de la vie de tous les jours.
Je me fais donc l'interprète de tous ses confrères mauriciens, de tous les fidèles qui l'ont connu et aimé, pour remercier Jean Eon et la Congrégation du St. Esprit.
A notre dernière rencontre à Chevilly il m'avait dit que son cœur était resté à Maurice, qu'il avait adopté Maurice comme sa seconde patrie et qu'il désirait y revenir. Il se proposait de nous retourner à la fin de son mandat comme Supérieur à Paris. Le Seigneur lui a demandé ce sacrifice. Nous savons que quand le sacrifice monte vers Dieu la grâce descend toujours. Nous pouvons donc compter sur la solidarité de Jean Eon au-delà du silence apparent de la mort physique. Il continue d'être proche de nous dans l’espérance de la Résurrection.
Dans son bureau à Paris il y avait l'image du Père Laval. Nous ne pouvons mieux exprimer notre reconnaissance à Jean Eon qu'en rappelant ici qu'il fut vraiment un missionnaire dans la lignée du Père Laval.
Nous rappelant les paroles de Jésus qui invitent à l’espérance, nous rappelant aussi le don merveilleux que le Seigneur fait à son Eglise par l'appel à la vie sacerdotale et religieuse, nous pouvons faire nôtre cette prière de remerciements :
« C'est Toi Seigneur qui nous as choisis, Tu nous appelles tes amis
Fais de nous les témoins de ton amour » ...
Jean Margeot Evêque

Homélie pour le funérailles de de Jean Eon.
Chevilly- le 5 janvier 1980.

Dans les textes choisis pour nous retrouver autour de Jean, je veux partager deux ou trois convictions ou réalités de sa vie humaine et sacerdotale.
C'est aussi un peu de chacun de nous, ses amis, dont nous parlerons, car Dieu a voulu ces liens très forts de l’Amitié.
5 nov. 2007 ... Jean Eon, prêtre. Une personnalité attachante. Les habitants de Grand-Gaube gardent encore un bon souvenir du Père Jean Eon. ...
Jésus s'entretient avec Marthe et Maria, quand il arrive auprès d'elles, après la mort de leur frère Lazare. Il écoute deux fois le cri de leur cœur : « Si tu avais été là, notre frère ne serait pas mort! Ils parlent de leur amitié. Jésus lui-même s’émeut et pleure. Au nom de notre amitié, nous pouvons nous entretenir de ce que Jean a été pour nous. De sa Maman, de sa vieille Maman, il en parlait régulièrement aux Confrères de l'Ile Maurice. Il aimait qu'on lui en parle brièvement, discrètement ... c'était à cause de sa sensibilité de cœur.
Les amitiés de l’île Maurice lui sont nombreuses, car il on avait le secret par sa bonhomie, son rire communicatif, l'écoute derrière sa pipe et cette manière enjouée d'aborder les choses sérieuses et profondes. Je le sais très lié à Monseigneur Jean Margéot, aux Spiritains et aux prêtres, spécialement à ceux de Quatre Bornes, Saint Pierre et Moka. Il a aimé les enfants du Mouvement Cœurs Vaillants et Ames Vaillantes d’hier. Leurs responsables d'hier, adultes aujourd'hui, savent ce qu'ils ont créé ensemble en y travaillant patiemment, sérieusement ... mais toujours avec l'air de n'y point toucher . Nous, qui l'avons connu à la rue Lhomond, aux Chapitres spiritains et dernièrement à Chevilly, nous avons retrouvé tous ces aspects de la personnalité et de la vie de Jean.
C'est ainsi que Jean a mis ses qualités humaines au service de la Mission et du Royaume de Dieu. Il en a vécu avec le Seigneur Jésus qui donne valeur de vie éternelle et de résurrection à la vie de Jean comme aux nôtres, car Il est la Résurrection et la vie. (Jean 11, 20-35)
La correspondance fraternelle de Paul avec Timothée (2 Tim 1, 6-14) nous fait encore apprécier la vie religieuse et sacerdotale menée par un homme comme Jean ... et par nous.
Notre vie de baptisés et de religieux, notre vie sacerdotale s'enracine dans un don de Dieu. Ce don est en nous « par la puissance de Dieu qui nous a sauvés et appelés par un saint appel dans le Christ Jésus » C'est ainsi que nous sommes « établis hérauts, apôtres pour l'Evangile » . La vie religieuse et missionnaire partagée près de dix années avec Jean permet de souligner des aspects de la Mission à l'Ile Maurice. Les désengagements pastoraux à l'Ile Rodrigues où il avait travaillé, et dans certaines paroisses, ont été réfléchis pour un meilleur service de l'Eglise locale. Jean a collaboré à l'action lente et suivie pour la formation de Catéchistes et de Responsables de l'Action Catholique de l’Enfance. C'est aussi une action efficace pour réaliser la première équipe régionale de pastorale ouverte aux prêtres, religieux et laïcs. Il a porté dans son cœur et ses soucis d'équipe spiritaine de Flacq pour un meilleur service de la mission concrète là-bas, en voulant porter toute l'attention aux cheminements de l'Evangile dans des milieux humains très divers. Les stagiaires-coopérants ont été particulièrement accueillis et soutenus par lui. Jean avait un dialogue très confiant avec Monseigneur Margéot. Enfin toutes les initiatives d'ouverture aux réalités des autres Iles de l'Océan Indien : La Réunion, les Seychelles et Madagascar avaient toute son attention et son encouragement : Inter-Iles comme on les appelle, Inter-Iles de la JOCF et des Mouvements d'Action Catholique et toutes les autres. Les Supérieurs des trois Districts Spiritains (La Réunion, Madagascar et l'Ile Maurice) ont bien collaboré : Jean était l'un des trois .
La vie souffrante de Jean a été très réelle. Sa sensibilité lui faisait ressentir au fond de lui beaucoup de choses dont il parlait peu ... mais c'était là . Il y a eu sa longue souffrance à la colonne vertébrale avec la connaissance de ses limites. Enfin ses derniers mois à Chevilly lui ont été difficiles car il portait la conscience vive d'un état de santé bien diminué.
« Souffre avec moi pour l'Evangile, prends ta part de souffrance en bon soldat du Christ Jésus ... » Jean a eu sa part. Nous avons aussi notre part.
Mais nous emportons avec nous les paroles de cet hymne des premiers chrétiens que Paul redit à Timothée et que nous allons nous-mêmes reprendre dans quelques instants : « Souviens-toi de Jésus Christ ressuscité d'entre les morts ... si nous mourrons avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous souffrons avec lui, avec lui nous régnerons ..." »
Que le Seigneur Jésus donne à Jean sa paix et sa joie et qu'il nous garde tous dans la fidélité à notre vie pour la vie éternelle. Amen .
Albert Perrier, CSSp .

Le Père Jean Éon, 1921-1980n par le professeur Le Maillous.

Professeur en 1941, prêtre en 1947, il fut affecté l'année suivante à l'Ile Maurice dans l'Océan Indien. Ce fut l'unique champ d'apostolat des 30 années de sa vie missionnaire. En 12 postes, il fut mêlé à tous les efforts de la vie paroissiale. Pendant 20 ans, aumônier du Mouvement des Cœurs vaillants et âmes vaillantes, il lui donna une orientation précise de mouvement apostolique et veilla à la formation des responsables. Supérieur principal de 1972 à 1978, il eut une attention privilégiée pour le dialogue avec les non-croyants.
Obligé par sa santé de revenir en France, il fut supérieur de la communauté des anciens à Chevilly, où il mourut d'une crise cardiaque, le 3 janvier 1980, à l'âge de 58 ans.

Le père Eon par un paroissien de St Jean , Quatre Bornes.

Le père Eon curé de St Jean Quatre Bornes. C’est à St Jean que nous l’avons connu. J’habitais alors à la Rue Belle Rose dans une maison non loin de l’église et nous avons souvent reçu sa visite. Il était un intime de ma fille Jacqueline qui chantait dans la chorale et était animatrice à la Messe. Avec la famille François, avec qui il avait eu d’excellentes relations

Un jour que je me confessai avec lui, m’ayant reconnu il me dit ‘C’est dur de venir raconter des fautes à un autre homme. Il a parlé un peu et sans demander des détails sur ma démarche religieuse, il m’avait connu et sans doute jaugé et me donna l’absolution. Chose étrange il a dit un jour à ma fille Jacqueline qu’il pensait parfois à moi pendant qu’il officiait. De nos jours je le vois aussi pendant la Messe dans l’église St Jean. Je parcours des yeux les statuettes de la Vierge Marie et de St Jean en pensant à lui. Même s’il aimait la plaisanterie il y avait des moments ou il prenait un air grave et attentif et on voyait pétiller ses yeux pleins de bonté. IL mettait arrivé un jour de lui dire qu’une des sœurs de la congrégation de Belle Rose faisait jolie femme.
Il me toisa secoue un peu la tête en disant doucement : Monsieur Félix !
Il est venu nous rendre visite au campement de Riambel ou nous allions  chaque année. Denise qui revenait d'un pèleribage à Lourdes lui en a parlé Il a fait cette remarque 'Pensez y, vos yeux ont vu bien des choses comme la grotte de Masabielle.'
Revenant d'un voyage au Vatican, il m'a raconté avoir été visiter les Catacombes.'C'est incroyables que tant de persécuté ont subi le martyr pour le Christ!' On ne pense pas toujours mais c'est bouleverant de voir toutes ces tombes!'

C’est donc un privilège pour moi et ma famille de publier sa biographie.

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